Quand on naît dans le mauvais pays

  • Il faut rectifier le tir coûte que coûte ou moisir frustré...
  • Je veux concrétiser en Thaïlande MON mode de vie
  • Ce à quoi je crois, qui me travaille depuis 40 ans les tripes

Chapitre 4 : Les différentes interactions amoureuses

 

J'ai commencé dès mon arrivée à hiérarchiser les différentes interactions amoureuses. Je fus fort surpris par le résultat.

Tout en bas du bas, on commence par trouver ce qu'on appelle cash les tapins d'élevage, qui arpentent les clacs un peu sordides ou directement dans la rue.

Les putes de rue ou ce qu'on appelle les clacs dans lesquels officient des demoiselles pas très fraîches, enfermées dans des bocaux, qu'on appelle aquarium avec des numéros pour les appeler, c'est le bas du bas. On paye du short time, soit environ 1h, on tire et on dégage. Le contact est proche de zéro. La qualité est proche de zéro. C'est le fond, tout en bas de la chaîne alimentaire de l'interaction sexuelle la plus basique.

Le tapin d'élevage, c'est un tapin contrôlée par un marchand. En terme de pognon, c'est bien sûr très cheap, du genre 17 euros la pipe (un site français a fait un article récemment sur cette histoire de 17 euros la pipe chez Dr Blow Job) ou 25 à 30 euros la passe.

Je n'ai pas d'opinion sur ce sujet. C'est un marché important avec une offre et une demande. En 6 ans, j'ai du faire deux ou trois expériences sur ce marché. Ce n'est pas pour moi ces trucs. Beaucoup d'hommes âgés sont seuls et désespérés. Mieux vaut ça que rien du tout !

Il y a la version luxueuse du tapin d'élevage, les gogo bars. C'est toujours de l'élevage en batterie, sauf qu'on trouve dans les gogo les plus belles filles de tout le pays. C'est la formule la plus chère de Thaïlande, à 100 euros l'heure. 

Les gogo, c'est frustrant. Il y a vraiment des bombes avec des corps qu'on ne trouve que très rarement ailleurs parmi toutes les catégories de femmes, y compris en France. Il y a vraiment des filles canons. Mais c'est du tapin à la chaîne. Les filles sont froides. C'est du sexe pour asiatique. Les japonais sont de gros clients des gogos. En tant que français, notre culture ne nous a pas préparé à ce mode de consommation.

J'ai toujours refusé de toucher aux gogo girls. C'est beau, courbé, sexy à mort, mais faut juste regarder... J'ai fait trois ou quatre expériences de gogo, mais je n'ai pas pu en tirer grand chose car je n'avais pas travaillé le sujet. J'y reviendrais ultérieurement car depuis quelques mois je me suis créé un nouveau jeu, une sorte de challenge pour perfectionniste, que j'ai appelé le SPEED QUEUTING... qui est à base de gogo.

A ce stade, quand on monte en gamme, on sort de la zone prostitution et on entre dans la zone grise, la spécialité de la Thaïlande, la zone grise étant la femme entretenue.

Il faut comprendre. Le climat de Bangkok n'est en rien comparable à celui de la France. Les gens vivent toute l'année dehors. Peu mangent chez eux. Il n'y a aucune notion de coconing et home sweet home. La vie est festive dans Sukhumvit. Il doit bien y avoir 500.000 habitants sur les 10 millions du total. En France, les femmes sortent chez les copines ou restent chez elles. A Bangkok, tout le monde traînent dans les bars et clubs à faire la fête, danser, draguer... Les rues sont donc remplies de femmes. J'étais il y a une semaine à Rennes. Mis à part les jeunes en train de se bourrer la gueule dans l'hyper centre, aucune trentenaire. Tout est vide. C'est effarant. Je ne suis plus habitué à ce vide.

A Sukhumvit, y a une armée de femmes qui cherchent à se faire entretenir voire plus, selon les larrons. Le mode de rencontre, c'est la nuit. Bien qu'en réalité, on peut rencontrer à chaque instant de la journée dans les endroits les plus improbables des femmes en chasse. On a tous un paquet d'histoires incroyables à raconter.

En face, il y a deux populations d'hommes. Les touristes qui sont là pour se faire éponger leur pognon et les locaux, qui sont les targets de choix. Certes, de nombreuses thaïlandaises se sont faites embarquées aux quatre coins du monde dans des histoires amoureuses à la suite de rencontres avec des touristes qui ont bien tourné, mais le pied pour elle, reste quand même d'attraper un expat installé durablement à Bangkok et de vivre avec.

Malheureusement pour elles, l'offre d'expat blanc de moins de 45 ans, avec une surface financière confortable, prêt à pratiquer la monogamie, est vraiment inférieure à la demande en face...

J'ai plongé dans la zone grise à deux pieds joints, mais version polygamie intensive... C'est dans cette zone qu'on trouve de tout, vraiment de tout, des sentiments, du désir, de la tricherie des deux côtés. C'est flou et trouble. Cela s'apparente au chaos sans visibilité. De quoi m'éclater les neurones à cartographier tout ca... J'ai bien vécu, j'en conviens !

Au-dessus de la femme entretenue, quand on continue de monter en gamme, on trouve la femme indépendante financièrement, qui cherche elle aussi un amoureux comme en zone grise. Pour les français catho refoulés, le distinguo entre zone grise de la femme entretenue et femme indépendante financièrement est vital. C'est pour cela que je l'ai fait. En ce qui me concerne, cette séparation n'existe pas. J'ai trouvé chez des femmes entretenues parfois une qualité émotionnelle et une honnêteté sentimentale bien supérieure à celle des femmes indépendantes financièrement... Le français basique a besoin de croire très fort qu'une femme qui a besoin d'argent n'a pas de moral ni de possibilités d'amour. Je préfère même pas me fatiguer à débattre et laisser les adeptes chrétiens de la connerie humaine, se tartiner avec...

Dans ces deux catégories, qu'on retrouve en France d'ailleurs, c'est le gros du bataillon des relations amoureuses humaines. Ca fait des enfants, ca se marrie, ca parle d'amour et de désir, mais la vérité, la vraie vérité que peu reconnaissent, c'est que nous sommes en univers des relations dysfonctionnelles, cad qu'au moins un des deux ou les deux protagonistes trichent. C'est l'univers de la tendresse, du respect, du couple, de la vie à deux, de l'attachement, de la passion qui dure quelques trimestres à quelques années, mais....

... ce n'est pas de l'amour du coeur profond, du full contact qui est la dernière des catégories, celle du dessus, le top de la chaîne alimentaire des interactions amoureuses. Quand on tient dans ses bras une femme en full contact, rien au monde ne peut l'égaler, pas même un enfant. Elle est là pour l'éternité. On ne supporte pas une seconde de la tricherie ou du compromis.

Je croyais jusqu'à 38 ans que la majorité des gens désiraient ardemment une relation full contact. J'ai découvert avec stupéfaction que la majorité préfère du dysfonctionnel. Hommes et femmes ont extrêmement peur d'ouvrir leur coeur profond et préfèrent éviter du mieux qu'ils peuvent cet investissement dangereux.

Il y a un énorme abus de langage quand on parle d'amour. La passion amoureuse n'a rien à avoir avec l'amour.

La passion amoureuse démarre très fort tout de suite. On s'envole pendant quelques mois très haut et le soufflet retombe derrière. Pour déconner un jour, j'ai parlé de forme en cloche. C'est depuis resté et devenu un mot de notre langage courant. On cloche sur trois jours, une semaine, un mois... Implicitement, cela veut dire qu'on ne se fait aucune illusion sur la nature du lien qu'on est en train d'entretenir. Par jeu, on abuse de cette notion de cloche dès qu'on est en chasse....

Cela donne :

"Huummm, toiiiii, je te clocherais bien pour la soirée..."

L'amour au contraire démarre très lentement et monte progressivement pendant des années. La progression ne s'arrête jamais. J'ai rencontré peu de gens dans ma vie qui avait déjà expérimenté l'amour full contact et qui savait d'ailleurs de quoi il en retournait. C'est facile de voir que quelqu'un n'a aucune idée de ce qu'est aimer. Il ne sait pas que la progression ne s'arrête jamais, ou du moins tant que les protagonistes continuent à remettre au pot. La passion amoureuse, ce n'est pas de l'amour profond. L'amour profond exige au delà de l'ouverture progressive et très dangereuse du coeur, un engagement d'ordre intellectuel. Il faut s'investir, s'abandonner et accepter la dépendance. En outre, quand on devient joueur à l'amour full contact, il faut un sacré sens de la responsabilité, car on tient l'autre dans les creux de ses mains.

J'ai joué une seule fois à l'amour profond et j'ai misé sur une irresponsable investie mais non engagée. Je l'ai pris grave dans la gueule à la première grosse secousse.

Je n'ai qu'un seul souhait pour ma vie future. J'aimerais connaître à nouveau une deuxième fois l'amour full contact.

Un dernier détail sur les relations amoureuses. Nous avons tous un biais, celui de préférer se faire aimer et d'aimer l'autre. C'est important à piger surtout dans l'univers du dysfonctionnel. Il ne fait aucun doute dans mon esprit que le plaisir d'aimer l'autre est le cadeau des dieux, la source suprême de bonheur humain sur terre. Beaucoup d'hommes autour de moi n'ont jamais vraiment aimé leurs femmes et connaissent ce sentiment avec leurs enfants pour la première fois. Ils deviennent capables de donner leur vie pour leurs enfants.

J'aime bien les emmerder en leur disant que moi, je préfère donner ma vie pour la femme que j'aime... pour leur rappeler la nature de leurs relations avec leur femme...

Je suis un enfouaré professionnel.

Vous l'aurez compris, j'apprécie la compagnie des humains qui appellent un chat, un chat et qui cherchent pas à baratiner et noyer le poisson quand c'est gris, voire quand c'est merdique.

La passion est belle, la relation en zone grise a ses nombreux avantages, les compromis ont souvent du sens mais désolé, la vie humaine est courte et seul l'amour full contact est roi du monde. Lui seul peut vous envoyer dans la stratosphère. J'ai bien conscience qu'une majorité d'entre nous tirent un sale numéro à la loterie de Salope Dame Nature et qu'ils vivent toute leur vie sans jamais connaître le full contact, mais, le monde est ainsi fait qu'il existe une puissance supérieure qui manage nos vies et qui décide sans qu'on puisse comprendre pourquoi, à quel jeu on a le droit de jouer.

Il y a deux réactions possibles. Soit on déteste la puissance supérieure pour le destin qu'elle nous impose et on accepte une vie sans amour full contact en arrêtant de baratiner, en parlant de cloche, soit on se ment et on appelle amour, ce qui n'est que de la passion ou de toutes les autres combinaisons de la zone grise.

Les gens aiment me qualifier de donneur de leçons quand j'écris qu'il faut arrêter le baratin dégoulinant. Le pire du pire, c'est que quand je dis que j'échoue, que je suis insatisfait ou que je merde, il y a une armée de gens qui surgissent de nulle part pour m'expliquer qu'en réalité, c'est super et que je suis négatif ou pessimiste... j'en suis à chaque fois renversé. Non seulement, il faut se mentir à soi même en racontant des conneries sur notre expérience de vie, mais quand un mec dans le lot a le courage de regarder sa merde, de l'accepter et d'en parler avec réalisme, il est corrigé vite fait par la masse pour lui faire adopter le langage merdique du mensonge.

Désolé, je préfère qu'on me qualifie de donneur de leçons et ne pas pratiquer la polygamie avec la vérité de mon expérience de vie... L'amour n'a rien à voir avec la passion ! Et si je peux rajouter une couche, je dirais qu'il est moche de salir l'amour du coeur profond avec la passion pulsionnelle passagère...

Amen...