Quand on naît dans le mauvais pays

  • Il faut rectifier le tir coûte que coûte ou moisir frustré...
  • Je veux concrétiser en Thaïlande MON mode de vie
  • Ce à quoi je crois, qui me travaille depuis 40 ans les tripes

Chapitre 25 : Ma quête de la vie en tribu

 

Cela fait des années que je ne crois plus au modèle de vie occidentale.

J'ai vu pour prendre exemple en Thaïlande des dizaines et des dizaines de femmes avec des chemins de vie qui auraient totalement plié des françaises. Elles seraient toutes chez le psy pendant des années à avaler des cachets pour tenir debout.

Et je parvenais à voir à la place d'épaves potentielles, des femmes instables certes, mais beaucoup plus équilibrées qu'on aurait pu le parier. J'ai systématiquement posé les mêmes questions.

Et sérieux, quand je dis des dizaines, j'ai posé ces questions sur plus d'une centaine de femmes.

A chaque fois, je dis bien, à chaque fois, donc dans 100% des cas, ces femmes qui ont résisté à des trucs hard, ont été élevées sous le mode tribu, dans les campagnes thaïlandaises où le groupe familiale est étendu.

En plus, comme tout le monde nique avec tout le monde, la plupart des familles nombreuses sont recomposées avec des pères et des mères différentes. Donc half brother, half sister... des grands parents très présents dans l'éducation.

En Thaïlande également, les filles s'appellent sister alors qu'elles n'ont aucun lien de sang, quand elles ont vécu suffisamment de choses ensemble.

Au Costa Rica et dans l'Amérique Latine, il y a une très forte notion de famille qu'on choisit ou de gangs dans les milieux criminels.

La série franchise à esprit latino qui a rapporté le plus d'argent est FAST AND FURIOUS. Elle touche la terre entière avec cette notion de famille ou de tribu, qui titille la corde sensible de la population mondiale humaine.

J'ai étudié aussi énormément dans ma jeunesse l'organisation sociale des indiens d'Amérique avant qu'on les extermine et qu'ensuite, on dise que notre génocide ne comptait pas... Ces indiens avaient une très forte culture de tribu. Ce n'était pas le paradis au niveau géopolitique, parce que la tribu marche moins bien que les Etats, mais au niveau individuel, je suis prêt à parier gros que ces indiens étaient plus heureux que ne peuvent l'être la race blanche de l'époque ou même aujourd'hui.

Nous, en Occident, on est sur un modèle qui pourrait être qualifié d'usine à misère affective, une usine à solitude.

Le papa, la maman et les enfants. Une seule personne, la mère, prend en charge la construction de la personnalité des enfants. C'est un risque majeur sérieux. Dans le cadre d'une tribu, l'enfant peut manger à plusieurs rateliers et évite de se retrouver otage d'une femme barrée incapable d'élever son enfant.

C'est l'histoire de ma vie. J'ai été élevé par deux femmes, ma grand mère et ma mère. J'ai découvert à 38 ans, de manière certaine qu'au fond de moi, c'était ma grand mère dont je portais le lien de l'enfance et non ma mère. J'avais toujours cru que j'étais identifé à ma mère. Quand j'ai vu mon père un jour exploser sur ma grand mère en lui reprochant des trucs que j'étais en train de reprocher à mon ex femme, j'ai fait la jonction. Je reproduisais non pas ma mère dans ma relation amoureuse, mais bien ma grand mère. J'ai pris une grosse claque et en même temps, j'ai trouvé la nature humaine remarquable au niveau de son sens de la survie. Des deux femmes à ma disposition, j'ai misé sur celle qui était la plus valide.

La tribu garantit aux enfants en croissance un choix et surtout une compétition saine entre les femmes et les hommes. L'enfant va exploiter ce qu'il a de mieux à sa disposition. Quand il est coincé comme en Occident avec une seule solution merdique (puisque les femmes se transmettent de générations en générations leurs tares psychologiques), on obtient à l'âge adulte un paquet d'êtres refoulés et névrosés.

La tribu est la clef pour moi. Une tribu insérée dans un Etat.

La tribu ne fait pas que garantir des possibilités de croissance honnêtes aux enfants. Elles protègent beaucoup ses membres adultes. S'il y a bien un endroit au monde où je ne me suis jamais senti seul, c'est en Thaïlande. Ces gens ont le sens et le respect du groupe. Prenez le métro à 18h30 à Paris pendant un mois et faîtes la même expérience à Bangkok. Vous comprendrez alors très très bien ce à quoi je fais allusion.

Un groupe entoure, réconforte, stimule, protège de soi même et de l'extérieur. Ce que j'ai développé avec Oscar au Costa Rica m'a éveillé à cette réalité. Poussé encore plus loin, je sniffe que cela peut tout déboiter.

Pour rien au monde, je rêve d'un retour aux modèles français.

Toute la question derrière est de savoir comment on gère la tribu. Sur quel terrain, partagé comment, possédé par qui ? Que se passe t il en cas de séparation et d'un départ d'un membre de la tribu ?

Comment s'organise la maison qui abrite la tribu ?

C'est un équilibre délicat à trouver entre intimité à l'écart du groupe et moment en commun. L'architecture de la maison doit savoir répondre à cette double problématique. On doit pouvoir s'isoler du groupe à chaque instant pour conserver sa liberté, mais on ne doit pas être coupé du groupe comme en Occident, maison par maison avec des lois différentes qui régissent les familles d'une porte à l'autre.

J'ai longuement réfléchi sur cette concrétisation de la tribu. J'ai déjà dessiné la maison en étoile avec au centre les parties communes qui permet la prise des repas, la mise en commun du matos de vie courante, piscine, salle de ciné, muscu, cuisine, salle à manger, relaxation, discussion... et des petites maisons individuelles où on dort et des bureaux où on bosse à l'écart, ces petites structures étant reliées aux pièces principales par des decks avec au moins 30 à 50m d'écart pour assurer l'intimité.

Il y a aussi le délicat et important choix des membres de la tribu. Dans la mienne, obligatoirement, aucun refoulé... J'en peux plus de ces profils là.

Je pense aussi à la gestion des conflits. Comment les arbitrer ? Mais ne vaut il pas mieux une gestion avec vote de 5 personnes qu'on trust plutôt que de gérer un conflit tout seul en prenant ses décisions sans voir toutes les conséquences ?

Je suis au moment où j'écris ces lignes au Costa Rica pour lancer ma sixième et dernière maison, pour tenter de finaliser le bordel de l'électricité, puis tout mettre en vente et installer une tribu en Thailande. Au mois de novembre, je vais visiter deux nouveaux lieux pour une implantation potentielle. J'ai abandonné l'option Koh Samui, car je suis trop pauvre. Je cherche un terrain de 3 hectares. Les prix sont déments à Koh Samui. Il faut des millions d'euros. Je suis trop pauvre. Je ne souhaite pas investir plus de 50% de ce que j'ai en Thaïlande.

 

 

I belong to Bangkok mes amis !

Whaouf Whaouf...

 

Charles Dereeper