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ARGENT / EXPATRIATION - SANTE - THAILANDE


 

Envie de perfectionnement !

 


Ce mois-ci, je viens de télécharger et lire un numéro de 60 millions de consommateurs, qui a fait une étude sur 76 pots de miel du marché français. Il en ressort que 74 d'entre eux sont parasités par des produits chimiques, miel bio ou non bio. Surtout, 60 millions de consommateur révèle le piège. En moyenne, les pots de miel comportent 5 molécules chimiques, mais tous en dessous du niveau minimum. C'est un grand classique pour les fonctionnaires français qui aiment embrouiller le bas peuple de la sorte. De pots en miel consommés quotidiennement en plats divers et variés, tous naturels..., à chaque fois, nous français devons absorber des doses inférieures aux normes, qui cumulées, deviennent à la fin de la journée très largement supérieures aux normes...

C'est la même salade avec les impôts. La France publie des données officielles de niveau d'impôts par nature (genre impôts sur les sociétés, impôts sur le revenu, TVA, taxes immobilières...) en comparaison avec les moyennes des grands autres pays capitalisés et industrialisés. Seulement, la France ne publie JAMAIS un récapitulatif de toutes les couches d'impôts prélevés en même temps. Concrètement, le taux de prélèvements obligatoires tourne entre 42 et 44% officiellement, mais un entrepreneur voit sa marge amputer de 65% par toutes les couches d'impôts successives dans la réalité (chiffres confirmés par PriceWaterHouse récemment). Deux tiers pour l'Etat, un tiers pour l'agent économique privé, il y a bien longtemps que la capitalisme a laissé la place en France au socialisme.

Cette étude de 60 millions de consommateur montre que la manipulation est également utilisée par les autorités sanitaires de notre pays dans le domaine vitale de notre alimentation.

J'en conclue à titre perso, qu'il est de plus en plus ardu de parvenir à se nourrir sans s'empoisonner. L'autonomie me semble être la seule voie possible, pour faire écho à mon précédent chapitre écrit il y a deux mois.

Produire du miel au Costa Rica, voilà une tâche qui va se rajouter sur ma liste. J'ai bien conscience que les abeilles font partie d'un écosystème et qu'on ne peut pas demander à une abeille de privilégier les parcelles où les pesticides et la chimie lourde n'ont pas été répandus partout. Mais, j'habite une zone de dizaines de kilomètres le long de la côte où l'agriculture n'est pas possible, car la montage est trop proche de la mer. Cela me laisse une bonne opportunité à priori d'obtenir un miel sain.

En outre, la seule consommation de fruits ne me permet pas de couvrir mes besoins en sucre, consommation que je mixe avec celle du miel. J'ai donc pris la décision d'acheter une machine à faire du jus de canne. Et j'ai augmenté parallèlement la plantation de canne à sucre. Je suis parti sur une consommation avec Oscar de 300 cannes par an. J'ai investi toute ma première récolte de cannes. Je l'ai découpé en 4 morceaux par canne et j'ai tout remis en terre. Je me suis dépêché, car à la mi octobre, la saison des pluies est bien entamée. Or, il est impératif que les plantations aient le temps de faire leur racine pour affronter la saison d'été.

Ce sont des sérieux efforts, mais je n'ai que moyennement confiance dans le sucre de canne en vente localement ou partout dans le monde qui subit des traitements assez lourds. Définitivement, nous ne pouvons plus faire confiance aux industriels dans le domaine de l'alimentation dont les manipulations chimiques sont effarantes.

J'avais fait de grosses recherches en 2007 sur une cinquantaine de livres. Je viens de télécharger fin 2011 une bonne dizaine de reportages plus récents, allemand, américain, français et à chaque fois, la même conclusion qui revient. Le système marche sur la tête et ne s'améliore en aucune manière.

Du coup, cela devient une pure question de stratégie. Mal bouffer et ne pas s'ennuyer avec ces détails, c'est obtenir un niveau de surpoids, d'obésité et de maladies garantie, en plus de ne pas pouvoir fonctionner de manière optimale car corps infesté luttant en interne. Bien bouffer exige de consacrer beaucoup d'argent, de technicité et d'énergie pour contrôler la qualité. Le bénéfice de cette complexité est d'obtenir un fonctionnement optimal au niveau de la "patate" (à condition de bien dormir et de bien gérer son stress) et de pouvoir voir sa bite, car absence de graisse superflue abdominale pour les hommes et plus bas pour les femmes, ou d'avoir un corps à 40 ans qui ressemble encore à quelque chose.

Très rares sont les gens à pouvoir subir l'industrie agro alimentaire moderne pendant 20 ans sans accuser le coup par le biais des conséquences classiques, surpoids assez moche et maladie à répétition (dues aux seules hasards, mais bien sûr... vu qu'en arrêtant les saloperies chimiques, on arrête bien souvent les maladies, mon expérience en cours depuis 5 ans sans aucun médicament me confirmant pleinement la réalité du lien que certains mettent en avant et d'autres nient).

 

 

TERRE - GESTION DES SOLS

Dans mon souci de perfectionnement, j'ai acheté des livres, téléchargé, lu des sites internet américains, australiens, français sur l'art de gérer sa terre. Quand on a cliqué toute sa vie sur une souris d'ordinateur, il n'est pas évident de revenir à la terre et son travail, surtout dans un pays où rien n'est standardisé au niveau de la qualité de production.

C'est simple : j'ai envoyé Oscar testé à peu près tous les vendeurs de terre du coin et même ceux à San Isidro. On a bien dû acheter chez une quinzaine de gars différents. Pour l'instant, un seul produit une super terre et un autre la pioche dans une grosse rivière, qui est composée d'une sorte de sable ultra enrichi naturellement de végétaux divers décomposés. Tous les autres, c'était foireux. Je passe même l'histoire de l'empaffé qui nous a fourgué une merde sans nom pleine de bestioles qui ont contaminé l'ensemble de la serre.

J'utilise désormais ces deux sources que je mixe avec celle de mon terrain argileux où je pioche les zones les plus brunes sous les arbres. Je mélange avec la paille / copeaux de bois de mes poules (j'ai d'ailleurs décidé de monter à 10 poules total). Et je finis par une couche au-dessus de sciure de bois.

Par rapport à mon terrain en pente, j'ai laissé les arbres d'origine en haut et sur le premier tiers. J'ai commencé à défricher à partir de la moitié basse pour planter les nouveaux fruitiers avant l'arrivée de la saison sèche. Si je ne m'étais pas documenté, je crois que j'aurais fait l'inverse... là, quand il pleut, l'eau tape en haut de la pente et se fait absorber par la partie forêt. Quand elle dévale, elle est censée être retenue en partie et arriver dans ma zone de culture. En bas, j'ai programmé un petit étang à tilapia, poisson dont je raffole en sushi.

En outre, j'ai commencé à déverser des centaines de kilos de sciure. On a mis en place un deal avec la scierie locale.

Tout le monde dit que c'est gratuit. Seulement, j'ai calculé qu'il me faudrait 4 à 6 mois à raison d'un à deux allers et retours par semaine pour couvrir l'ensemble des mes 6000m². Donc, pour sécuriser mon approvisionnement, je me suis dis qu'il valait mieux que je paye ma remorque pleine 10 dollars.

Mon objectif reste le même : un jardin avec peu d'entretien, qui marche et produise tout seul. Plus les semaines passent, plus je m'interroge sur la validité et l'efficacité de tout un tas de pratiques agricoles locales.

Ci-dessous la deuxième serre bloquée dans son développement pour cause de propriétaire assez mauvais en météorologie tropicale...

Le paillage, je ne suis pas encore au point. Le souci, c'est qu'il semblerait (je répète peut être des conneries, car je n'ai aucun moyen de le vérifier) qu'il y ait création d'un déficit d'azote la première année. En gros, il faut trois couches de mulch. La première est censée être composée de trucs frais, sur lesquels on balance de la sciure, genre 20 cm d'épaisseur ou même du carton. Et par dessus, j'utilise mon broyeur de super compétiteur et j'en remets une couche de 10 cm d'écorces et morceaux d'arbres découpés.

Il me manque la première couche. Ramasser, produire et épandre 6000m² de végétaux verts frais, c'est un truc qui me fait cruellement défaut. Pour l'instant, j'ai décidé de laisser pousser les herbes diverses et variées, de les couper juste avant de coller ma couche de sciure par dessus.

Il se dit que mettre 3 poules aux 1000m² est judicieux pour entretenir tout seul sa terre. Je ne me vois pas bien avec 18 poules ou même 20 ! Surtout qu'il se dit aussi que les coin coin, c'est bien en même quantité. J'ai prévu des canards, une dizaine dès qu'on aura creusé l'étang après la saison de la pluie. J'ai aussi commencé à utiliser les cartons pour couvrir petit à petit.

Le maïs, le curcuma et le gingembre poussent vraiment comme de l'herbe sauvage. Je les mélange avec les ananas et les papayers / arbustes / petits agrumes.

Les bananiers aussi ! Ils ont 4 mois !

Les plus anciens sont au stade de la production de régimes avec 4 à 5 rejets en cours dont les premiers dépassent les 3 mètres de haut.

Il y a des zones dans le jardin où l'herbe devient folle. On a affaire à une espèce de saloperie d'herbes hautes qui poussent à la vitesse de la lumière. J'aimerais bien être scientifique et avoir l'aptitude à l'analyser. Comporte t elle l'azote dont j'ai besoin ? En attendant cette hypothétique résultat, j'ai décidé d'utiliser le maracuja pour l'étouffer. Chaque pied de maracuja peut cacher la lumière sur 3m² environ.

Ca me permet de faire d'une pierre deux coups. Plus besoin de la couper et en plus, je me récupère plein de fruits. Le maracuja est le meilleur ami du rhum, qui est un bon vieil ami à moi à qui je rends visite deux ou trois fois dans le mois, le 55 degrés ayant l'avantage de m'allumer assez vite. J'ai fait mes tests : à un shoot et demi, 15 cl environ, je suis cramé sans trop de désordres ultérieurs. A 30 cl, le lendemain, suis éclaté avec des sales sensations. J'en ai testé plein des fabriquants de rhum. Le Trois Rivières m'a toujours plu au niveau odorat, tandis que le Montebello ou le Nelson me repousse. Un seul shoot de Nelson et je suis pas bien au réveil.

Cela fait bien longtemps que je n'ai pas bu de rhum sans maracuja et du miel dedans.

 

 

 

AMENAGEMENTS - TERRASSEMENTS - AGRICULTURE POLYCULTURE INTENSIVE MELANGEE

J'ai commis une énorme d'erreur d'appréciation. J'ai en effet projeté le climat de l'an dernier sur l'avenir de manière linéaire. Pourtant, je suis bien placé pour savoir que ce biais humain est le plus court chemin pour se tromper... Merci Nicolas Taleb pour son cygne noir qui expose de manière magistrale le concept.

Or la saison des pluies cette année ne ressemble à rien de la précédente. Il pleut non stop. El nina est là et me fait bien chier. Cela a pour conséquence de transformer la terre en piste de ski. Sans botte, en pente, il devient de plus en plus difficile de marcher sans se ramasser sur les fesses, tellement cela glisse.

Le tracteur est bloqué en bas. On ne parvient pas à le remonter, car il y a une petite imperfection dans le chemin qu'on a tracé. Il y a 70 cm de boue argileuse environ. Impossible de franchir la montée à un endroit.

Ce petit détail flingue toute mon organisation. On ne peut pas acheminer le matériel en bas pour poursuivre le développement. En fait, ce chemin était la clé sur laquelle j'avais tout misé. La perspective de devoir attendre la fin des pluies dans 5 à 6 semaines ne me réjouit pas du tout.

Grâce à une idée d'Arnaud, qui consiste à utiliser un tracto pelle sur chenilles et non sur roues, j'ai pu reprendre l'avancée de mes affaires...

Le petit Kubota est parvenu à obtenir un résultat honorable. Oscar a terrassé nickel sur deux niveaux avec un chemin en forme de "Y".

Au delà du terrassement, j'ai aussi compris que l'agriculture vivrière n'est pas viable économiquement. Tout demande tellement de temps et d'efforts. Je comprends avec le recul que les paysans aient accepté la révolution verte et l'agriculture mono culture intensive chimique. Pourtant, cette voie là me semble être un leurre aussi avec à la clé un échec énorme pour l'humanité, compte tenu des conséquences.

Un exemple. Dans l'allée de l'entrée, Oscar a collé une dizaine d'ananas blanc, une variété extraordinaire en goût qu'on affectionne tous les deux. Je décide de couvrir avec de la sciure de bois pour éviter qu'Oscar soit obligé à l'avenir de zigzaguer au milieu afin d'éliminer les herbes qui prennent facilement le contrôle de la lumière sur les jeunes ananas. Transporter la sciure de la remorque par brouette aux ananas : 1 heure ! Pour 10 ananas !

Evidemment que les mecs aspergent aux détergents. En 5 minutes maxi, l'affaire est pliée. Je crois qu'il faut prendre le problème à l'envers. Il faut démarrer par tracteur en aspergeant l'intégralité d'un terrain à cultiver d'au moins 25cm de sciure répartie partout. Et ensuite, on plante dedans en écartant la sciure. Là, on gagne du temps. Sinon, je ne vois pas comment on peut rentabiliser sans utiliser de la chimie lourde quand une partie est déjà en terre et qu'on prend le train en route. Le temps passe trop vite dans ce genre d'activités.

Cela fait plusieurs jours que je réfléchis sur ce sujet. Il doit y avoir un moyen de faire de l'agriculture intensive en polyculture mélangée (j'entends par intensif, la quantité totale de production élevée sur une surface, mais toute culture confondue, et par mélangée, l'idée d'avoir 10, 15 ou 20 espèces fruitières différentes, sur différents niveaux de hauteur par rapport à la lumière, genre ananas en bas, agrumes / arbustes au milieu et avocatiers / arbres au dessus à terme, avec en plus, un mélange composé de forêts pures, d'animaux et de cultures). La monoculture est une tuerie qui ne peut pas fonctionner. Mais la mécanisation de la monoculture me paraît après mes premières expériences, complètement et définitivement incontournable.

Au niveau stratégie, l'équation devient donc le mélange très fort des cultures, genre maximum 20 ou 25 plants concentrés de la même espèce au même endroit, tout en concevant une organisation pour permettre l'exploitation de la mécanisation. J'ai fait des tests pour les mélanges. J'ai déjà observé que l'ananas se mélange facilement avec les papayers et les agrumes. J'ai collé de la canne à sucre, des arbres à papillon et des anapola + bougainvilliers.

J'ai commencé à dessiner des plans avec un système de haies fruitières pour casser la monoculture destructrice et un enchaînement logique pour la gestion de la terre et des récoltes à l'aide de machine. Ce truc là me chatouille. Il faut que je le teste. Je vais acheter plus tard un ou deux hectares agricoles pas trop loin de là où j'habite et je vais le mettre en oeuvre pour voir.

Quelques exemples en photos, différents de ce que je veux tester, mais dans le même esprit.

En plus, je vois bien que le problème d'érosion est crucial sur mon terrain en pente. J'ai commencé à réfléchir aux solutions et à étudier les différentes propositions qui ont été faîtes. Cela me confirme qu'il faut tout concevoir à l'aide de la mécanisation si on veut obtenir un minimum de productivité. Déplacer une rangée de pierre à mains nues est proche de l'idiotie. On se tue à la tâche. On perd du temps, alors qu'en une heure, avec un tracto, on peut obtenir le même résultat, sans effort.

Ce qui est effarant, c'est de constater globalement cette absence de notion de productivité parmi les petits agriculteurs. Je trouve cela effarant car je me rends compte que les mecs n'ont globalement presqu'aucune chance de s'en sortir dans la vie. Cela me fait toujours frémir de voir des gens enfermés dans un système avec peu d'option stratégique et de liberté. Où est le sel de la vie sans la liberté et la possibilité de choisir ? Ils sont coincés dans une activité à faible valeur ajoutée économique, qui nécessite du capital pour dégager de la productivité et la rendre vivable et une ouverture d'esprit qu'ils n'ont pas, voire une fermeture d'esprit qui les condamne. Le piège est effroyable. Je comprends qu'il cherche à le fuir en arrêtant cette activité. Je comprends mieux l'acharnement de l'Europe à s'être industrialisée après la Seconde Guerre Mondiale, son basculement dans la révolution verte toxique. Je comprends vraiment l'obsession des élites à détruire la culture paysanne des peuples au profit du béton et de la société de consommation. Vivre des cultures de son jardin est un enfer qui réclame une somme d'efforts hallucinante.

 

 

LA SALOPERIE QUI BOUFFE LES PIEDS DE TOMATE IDENTIFIEE !

Ce que j'aime chez Oscar, c'est qu'on ne l'embrouille pas. C'est un mec qui cherche. S'il se fait niquer, il faut qu'il comprenne. Il arrive un matin et décèle que les pieds de tomate ont été correctement mangés. Il a cherché sans succès. Seulement, le soir, il y est retourné pour enquêter. Il a fini par découvrir le coupable qu'il m'a ramené tout fier de lui. J'ai adoré son style. Ah, je l'aime bien mon Oscar.

Le truc mesure pratiquement la longueur d'une latte de bois, donc pas loin de 8cm de long. Il est épais et coriace, plus gros qu'un doigt humain. C'est sûr qu'avec ce qu'il a avalé, il peut afficher sa corpulence... Sa couleur est magnifique, en dégradé de vert. Il est vraiment étonnant. Je suis séduit. Sa tête est très bizarre. Oscar me confie qu'ils sont super durs à débusquer car on ne les voit pas à cause de leur couleur. Ils sont fondus dans la masse... Là, il a fait 30 mètres accrochés à son pied de tomates : nooon, je ne le lâcherais pas. JAMAIS.... !!! Je le mangerais jusquà la fin... pffff, espèce de drogué au pied de tomates va ! Maintenant, Oscar va te faire ta fête.

Je n'aime pas quand Oscar tue à froid comme cela. Sa théorie, c'est que si on ne tue pas, ils reviennent et on ne s'en sort jamais. Je m'éloigne et je pense à autre chose pendant l'acte. Je n'y arriverais jamais à m'y faire, jusqu'à la fin de ma vie. Si un animal ne me menace pas physiquement, j'ai beaucoup beaucoup de mal à lui prendre sa vie.  Alors que s'il me menace, je suis capable du pire sans souci. J'aimerais prendre ce ver et l'emmener à 200 mètres. Mais pour Oscar, il reviendra même de ses 200 mètres.

Pendant ce temps, une saucisse nous regarde, abritée peinarde de la pluie fine qui tombe, par le toit de son confortable fauteuil de relaxation choisi avec soin. Les temps sont durs... C'est la crise économique financière mondiale, mais enfin, faut pas non plus oublier de dormir un peu...

 

 

 

JE ME SUIS FAIT PEUR SUR LA ROUTE. VRAIMENT PEUR.

Un blog d'un expat au Costa Rica, sans parler de ce qui se passe sur les routes, c'est franchement pas un blog.

Au Costa Rica, il faut vraiment avoir une approche d'ouverture aux cas rares, type ceux de la théorie de Nicolas Taleb (le Cygne noir). Les Costa Riciens ont une aptitude indéniable, celle de créer des situations totalement invraisemblables sur la route. C'est simple, tout est possible. Vraiment TOUT ! On voit des trucs de dingue du point de vue d'un français. Rouler à trois sur une route pour deux lors d'un dépassement, du grand classique... Des camions, genre gros camion de transport de matériaux, 30 tonnes au moins, en train de doubler SANS AUCUNE VISIBILITE, en pleine montagne, dans une grosse montée, sur une route étroite, pffffff, d'un banal... BANZAI !

Mais encore, imaginez, vous roulez à 120 (au lieu de 80km/h, bon ok..., c'est un détail) et là à dix secondes devant vous, au loin pas trop loin, vous voyez un mec, dans sa bagnole, pointé son cul au bord de votre route. Il arrive à deux tensions maxi dans son crâne. Normalement, vous êtes en droit de vous dire qu'il ne va pas s'insérer juste devant vous, sachant qu'en quelques secondes, vous êtes dans son coffre... ben perdu, le Costa Ricien de base se fout complet de votre situation. Lui, il prend la route que ça vous chante ou non. Au mieux au loin, on peut klaxonner ou faire des appels de phare pour avertir qu'on déboule, mais cela ne marche pas à tous les coups, loin de là. Le seul truc à faire, c'est vérifier en permanence qu'il n'y a personne en face pour pouvoir le dépasser. Car 9 fois sur 10, le mec s'insère devant votre capot et se met peinard à rouler à 30 km/h, maxi 40 km/h, bien que ce soit toujours limité à 80 km/h... et que je roule à 120 km/h. Bon ok... mais même à 80km, ça fait bizarre.

En permanence, les gars tournent à gauche sans clignotant. Une fois, j'ai terminé dans une station service essence... j'étais en train de doubler et le mec a décidé de tourner à gauche en me coupant la voie : suis rentré en dérapage et ressortit de la station. Coucou, c'est moi, non pas d'essence, j'essaye juste de ne pas me faire rentrer dedans dans un accident. Au revoir, ce fut court, bref et intense, bye bye !

Chaud...

Bon, donc, en synthèse, rouler au Costa Rica implique de s'attendre à tout, à l'improbable. Il faut faire un effort permanent d'imagination. Faire de la route est crevant. Surtout quand on a le pied un peu lourd. Enfin, en même temps, rouler à 110 km/h, c'est lourd ici. Rien de bien méchant pourtant...

J'en arrive à mon histoire où je me suis vraiment peur pour de vrai. La peur au volant de ma vie.

Je suis à San José, sur une grande artère commerciale. J'ai 4 heures de route derrière moi. Je suis claqué. Il reste 12 bornes avant l'aéroport. Il pleut pas mal. Je suis le train train, à 50km/h. Il y a beaucoup de circulation. On arrive sur un pont étroit. Impossible de la jouer à 3. Mon cerveau enregistre que la voiture devant moi a sérieusement ralenti, mais je n'imprime pas pendant 2 ou 3 secondes. Il n'y a aucune raison rationnelle pour qu'on soit à l'arrêt. En effet, la route remonte derrière le pont et j'ai vu qu'il n'y avait personne devant. Donc, rien ne peut bloquer durablement le traffic. Avec la fatigue, ma cervelle bloque.

Deux secondes plus tard... je percute qu'en fait tout le monde est à l'arrêt pendant que moi, je suis encore à 50km/h. Je décide de freiner. Et là.... suuuuurprise du chef. Le Trooper ne s'arrête absolument pas. Il part en glissade peinard... J'enfonce donc plus fort la pédale de frein.

J'obtiens un résultat totalement bizarre. Je savais depuis le premier jour que ce 4x4 était une merde sans nom au niveau de la répartition du poids et de la tenue de route, mais là, j'ai le droit à un exposé temps réel. Au moment où je pousse à fond les freins, l'arrière commence à pivoter vers l'avant et je me retrouve tranquillement avec un 4*4 de deux tonnes en travers en pleine glissade avec quelques dizaines de mètres qui me séparent de 6 voitures.

Franchement là, c'est moche...

Je vois tout au ralenti. Mon cerveau m'envoie immédiatement l'image de Mission impossible 2, quand Tom Cruise est à la dérive dans sa Porsche bloquée par l'audi TT, en pleine glissade et qu'il regarde les différentes options qu'il a à sa disposition pour se récupérer (bilan, il faut regarder les blockbusters US pour gérer les accidents routiers...). L'image me calme. Une voiture qui glisse, ce n'est pas grave en soi. Je peux gérer. J'ai fait 5 ans de karting dans mon ex vie parisienne.

Ensuite, mon cerveau m'envoie à la vitesse de l'éclair deux stratégies possibles. Soit je continue en l'état et je m'emplâtre la gueule sur le côté droit, dans le coffre du 4x4 de devant qui est à l'arrêt. Mais... ma femme est à bord. Elle est en première ligne. Ensuite, je vais niquer la bagnole et j'ai autre chose à foutre qu'à la réparer. Enfin, ma femme a son avion dans une heure. Et là, ca va être compliqué pour l'acheminer. Faut trouver un taxi. Moi je vais devoir faire des papiers. C'est le bordel. Donc, c'est non, je ne percute pas le mec.

Solution deux : je redresse la bagnole et je m'engage dans la voie à gauche où les voitures arrivent à contre. De ma position, je ne peux pas voir l'entrée du pont. Je sais juste qu'il est vide au milieu. OK, j'y vais. Scénario 2 !

J'appuie sur l'accélérateur, un petit coup de volant et hop, le 4x4 est à nouveau dans le bon sens. J'évite le mec de devant à un mètre près. Franchement, ce n'est pas passé loin ! 1 petit mètre, il me restait.

Ca y est. Je suis sur la voie de gauche. Etape suivante : survivre !

Une bagnole arrive en face. Deux choix. Freiner, quoique je ne sois pas convaincu par les freins depuis quelques secondes. Je pèse deux tonnes. C'est toujours inondé.

Une seconde plus tard, j'ai enregistré qu'il y a 6 voitures à doubler, que le mec en face roule dans une voiture normale (il ne sera donc pas trop tenté de me rentrer dedans en frontal vu que ma roue lui arrive au niveau de sa tête...). S'il freine, j'ai un créneau pour passer. Il faut qu'il comprenne sans savoir. Allez mon gars, ralentis et aide moi. Je suis en survie là, tu piges ?

Je prends mes couilles à deux mains et... j'appuie à mort sur l'accélérateur. J'écrase donc malgré le fait que je ne sais pas encore si je passe ou pas à la fin. Le V6 de 200CV hurle à 4500 tours. Le coup de fouet arrive. La voiture s'envole. Je n'ai plus le droit à l'erreur. 2 tonnes lancées à 80 km/h sur une patinoire, je double sur un pont étroit avec un mec qui m'attend à la sortie en face... ma situation est définitivement moche.

J'arrive au niveau de l'abruti qui est à l'arrêt total (j'ai la presque certitude que j'ai failli me croûter parce que ce con a voulu regarder le paysage par le pont et il s'est arrêté là en se foutant de ce qu'il y a derrière lui, enfouaré de merde).

Mon pari était le bon, le gars en face a largement freiné. J'ai 10 mètres pour me réinsérer sur ma voie. 10 mètres, c'est court, mais 10 mètres, c'est suffisant.

Il s'est écoulé une petite dizaine de secondes pour toute la scène.

Quand je me retrouve à l'abri, j'ai toute la peur qui me submerge. J'ai besoin d'une minute entière pour récupérer mon souffle. Il est total coupé par la violence de l'émotion.

Ma femme a eu le temps de faire deux crises cardiaques... Elle n'est pas morte. Elle a survécu ! Merde... Faut que je trouve un nouveau truc pour m'en débarasser...

J'en tire plusieurs conclusions.

1 - le Trooper est au mieux un tas d'acier qui roule. On ne peut pas appeler ce truc une voiture... Je le savais dès le premier jour quand je l'ai poussé dans les virages. Les gens avaient l'habitude de dire que l'Audi TT était une bourgeoise qui tenait pas la route. Il n'empêche que les bourgeoises allemandes, ça tient super bien. Je me souviens d'un virage à 160km/h sur une route de campagne en Bretagne la nuit noire pour m'empêcher de diagnostiquer que l'eau de pluie avait transformé la terre laissée par un tracteur, en patinoire géante, rendant mon virage dans le genre un peu sport... J'avais décidé de ne pas freiner une fois que j'avais découvert le pot au rose, me disant que cela ne ferait qu'empirer. La TT n'avait pas bronché. J'avais entendu pas mal de bruit sous mes pieds, avec l'ABS, l'EPS et toute la techno allemande qui travaillait. J'étais chaussé en 18 pouces, ce qui a aidé aussi. Il n'empêche que rien n'a bronché. J'ai tourné à 160 sur de la boue glissante. Là, le Trooper, à 50km/h, il est parti en couille direct ! Petit joueur va !

2 - il est ultra dangereux de conduire fatigué. Bien plus que la vitesse. J'étais à 50 km/h. Cela suffit amplement pour se foutre la gueule en l'air. C'est pourtant ma règle de sécurité numéro 1. Ne jamais conduire si je ne suis pas en forme. Il suffit d'une fois et hop, la cata arrive.

3 - un cerveau humain bien organisé est totalement étonnant. J'ai adoré cette scène que je viens d'écrire. C'était énorme. C'est ce genre de test qui offre la validation de nombreux choix de vie. Combien se serait vautré ? J'ai choisi et exécuter en quelques secondes la meilleure stratégie possible. A la vitesse de l'éclair, une force lumineuse a pris le contrôle total des opérations en moi, bloquant les émotions grossières d'adaptation comme la peur, s'est mis à discuter avec l'intellect, envoyant des images et des exemples pour m'aider à décider, me donner confiance et me lancer. J'ai reçu aussi je ne sais pas quel produit secrété dans mon corps en 2 secondes maxi pour me relaxer alors que ma situation était catastrophique et que j'en étais conscient. Quand je pense à tous ces gens, qui massivement sont esclaves de leur intellect et de cette pseudo "intelligence" qui les aveugle, j'ai vraiment envie de leur répondre que l'intelligence rationnelle est de qualité plus que médiocre. Essayez autre chose. Vous verrez l'incroyable puissance qui existe en nous. La raison est censée être la panacée, la science, l'arbitre définitif... (dans le cas de figure présent de l'accident, cela reviendrait à lire des livres et des méthodologies pour gérer le situations périlleuses sur la route... puis les mettre en oeuvre au moment où il y a besoin... absurde ! On n'a pas le temps de penser quand cela devient chaud !)

La pensée humaine reste un outil qui doit être dompté et remis à sa juste place. J'avais lu il y a longtemps que les médecins ont établi la présence de câblages internes dans le cerveau destinés à court-circuiter l'accès à la raison en cas d'urgence. Je viens d'en faire l'expérience. Piloter sa vie étriquée par le biais de l'ego et de l'intelligence, c'est définitivement dangereux, même en cas de non urgence (combien de personnes se détruisent avec raison... ou manipulées par des croyances inconscientes que cette fameuse intelligence rationnelle si grandiose se révèle incapable de déceler ?). Je serais croûté à l'heure actuelle dans le coffre d'un inconnu si je n'avais pas depuis longtemps adopté une manière plus complète de fonctionner, en délaissant la raison.

Je n'ai jamais eu d'accident. Mais cette scène, c'est définitivement le moment le plus chaud que j'ai vécu sur la route. Mon entourage se dit souvent tout bas que mon pied lourd finira bien par un accident, répétant par ce raisonnement, la propagande française sur la vitesse. La drogue, la fatigue, les arrêts cardiaques, les erreurs basiques, les téléphones... très franchement, on n'aura jamais les stats dans les causes d'accident de la route, mais mon opinion, c'est que la vitesse diabolisée actuellement, arrive au milieu ou en fin de peloton des grandes raisons de la liste et non en tête des raisons.

Cela aurait été un comble si je m'étais explosé la tronche à 50km/h en ville. Au ralenti... merde putain, mon petit ego n'aurait vraiment pas aimé en parler...

 

 

ETONNANT : LES POULES PONDEUSES REAGISSENT AUX SENTIMENTS !

Cela fait maintenant six mois qu'il y a des poules. J'ai constaté que le moindre choc entraîne un arrêt des pontes. Surtout, à chaque fois que je m'en vais à l'extérieur du Costa Rica, je rentre et les pontes sont divisées. Je n'y avais pas trop prêté d'attention, mais à cause de la répétition, j'ai décidé de faire une expérience.

Je suis parti une dizaine de jours me reposer dans un palace 5 étoiles en République Dominicaine à Punta Cana (au passage super hôtel, mais Punta Cana, c'est un lieu sans âme, avec une drôle d'ambiance, je n'ai vraiment pas aimé). Je rentre. Il y a 1 oeuf TOUS LES DEUX JOURS contre 2 par jour à mon départ. Au quatrième jour de mon retour, je prends conscience de la répétition du scénario habituel. Je décide de passer une quinzaine de minutes par jour à papouiller, les caresser et à leur parler. Les deux jours suivants, j'ai un oeuf par jour. Le troisième jour, je remonte à deux oeufs !

Bilan des courses : les poules semblent ultra réactives à la présence humaine et la manière dont on les traite sur un plan émotionnel. A vérifier pour mon prochain voyage dans quelques semaines.

Concernant les poules, nous sommes remontés à 8, avec 4 races différentes. Nous avons toujours les trois premières du Panama qui sont ultra sociales et qui me font rire tous les jours (sur les 6 initiales, 2 ont été mangées par mon crétin d'ex chien et une est morte de maladie). Elles cherchent le contact humain en permanence. Je les apprécie beaucoup. L'une d'entre elle a attrapé une saloperie. Oscar l'a sauvé avec un médoc. Elle n'a jamais re-pondu. Elle a été gonflée pendant plus de deux mois. Pour rien arranger, elle s'est mangée un coup de tracto pelle dans la foulée. Elle a boité pendant un mois entier. Elle est sur pied à nouveau. Je me suis pas mal occupé d'elle, quelques minutes tous les jours ou deux jours. Je suis content qu'elle ait survécu.

On a eu 4 poules sauvages qui volent. 3 sont mortes. Je les déteste. Elles sont impossibles à gérer. Elles ne veulent pas rentrer le soir dans la maison à poule. Du coup, la première s'est fait bouffer la nuit. La seconde, impossible de l'approcher. Elle fuit au quart de tour. Elle ne dort pas non plus à l'intérieur, mais elle est tellement craintive qu'aucun animal sauvage n'a réussi à se la faire. Elle me pète les burnes. J'ai abandonné mes efforts avec elle. Les deux autres qui ont trépassé, la première s'est suicidé à son arrivée en s'auto mutilant à l'arrière de son corps. Etonnant. Et la deuxième, elle ne s'adaptait pas. Elle avait une peur bleue de rentrer avec les autres poules qui sont au départ avec les arrivants d'une cruauté entre elles, à faire frémir. Alors, je lui ai permis de dormir à l'extérieur. Et le lendemain, elle s'était fait bouffer la nuit. Je me suis senti mal, mais j'étais dans un dilemme. J'ai fait de mon mieux.

Récemment, en prévision de l'arrivée de Français entrepreneurs du Web indépendants, candidats à l'expatriation définitive, j'ai demandé à Oscar d'augmenter la quantité. Il a acheté deux poules qu'on a surnommé Mike Tyson. Elles sont 50% plus grosses que les premières. Là, pas de suicide, pas d'engueulades. Elles ont mis tout le monde d'accord dès le premier jour... toutes les autres ont abandonné le leadership, la cohabitation harmonieuse s'est mise en place...

Au moment où je mets en ligne les photos qui suivent, on tourne à 3 / 5 oeufs par jour.

La poule sauvage asociale et ingérable.

Les trois Mike Tyson qui nous font des oeufs énormes (sais pas si les grosses bites crachent des très gros spermatos, mais à priori, dans le domaine des oeufs, la taille compte...)

 

La très moche qui n'est pas près de niquer tellement elle est laide... j'ai annoncé à Oscar que j'allais devoir lui payer un escort boy coq si elle veut découvrir la grande secousse...

 

 

ETONNANT SUITE : IMAGES

L'ananas est une plante qui me séduit. Elle est robuste, résiste au désert comme au climat tropical humide. Elle se multiplie facilement et ... est délicieuse à manger...

Ci-dessous, un ananas en train de naître et deux mois plus tard, les bébés qu'il fait dessous le fruit. Il ne reste qu'à les mettre en terre et c'est reparti pour un tour...

La fleur de maracuja est magnifique. Les résultats sont pour l'instant mitigés. On obtient des fruits, mais ils sont très acides, aux limites du tolérable. En revanche, le maracuja vaut facilement une belle orchidée.

 

 

 

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