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ARGENT / EXPATRIATION - SANTE - THAILANDE


 

Les premiers travaux sur 7000m² !

 


Oscar a pris trois semaines pour nettoyer l'entrée du terrain sur une surface d'environ 7000m². Cette zone a la particularité d'être en pente sévère jusqu'à la rivière qui traverse les 5 hectares. Le dénivelé est d'environ 70 mètres sur une courte distance.

Photo d'Oscar

C'est ennuyeux à cause de l'érosion de l'humus par les pluies. J'ai prévu de faire des emménagements plus tard sur ce sujet. J'ai vérifié, par endroit, l'humus fait 20 cm d'épaisseur. En revanche, dès que la pente est trop forte, le sol est rouge. Rien n'a pu résisté. Tout a été lavé et embarqué par les pluies. Pour l'instant, démarrant, je me concentre sur l'essentiel.

Ci-dessous, voici à quoi ressemble les 7000m² en pente :

 

DES PROTEINES GRACE A DES OEUFS FRAIS - HISTOIRES DE POULES, DE CHIENS ET DE CHATS

Dans ma recherche de sécurisation alimentaire, la qualité des protéines est primordiale. En effet, ce qui fait cruellement défaut aujourd'hui en France, c'est la possibilité de trouver des sources fiables de protéines. Il faut payer cher et on se pose toujours la question de la confiance. La standardisation de la qualité bute sur l'équation financière. D'une viande à une autre, d'un poisson d'élevage à l'autre, nous ne pouvons plus de nos jours être certain d'avaler les yeux fermés nos protéines. La manière dont sont traités les animaux et ce qu'on leur a donné à manger, ne dépend que de la sensibilité du producteur. L'achat direct en ferme s'impose quand on habite en France.

Au Costa Rica, l'absence de sensibilité des milieux agricoles au fait que la nourriture mauvaise tue l'homme à petite vitesse rend encore plus périlleux la consommation de protéines.

Première étape donc, la création d'un poulailler pour disposer d'oeufs. Oscar a pris une semaine et environ 150 euros pour l'achat de matériaux, canalisation d'eau comprise, pour créer un abris.

Photos de l'abris pour les poules.

 

D'après ce que j'ai compris sur internet, une poule a besoin d'espace naturel sauvage pour picorer et de compléments alimentaires non trafiqués sous forme de céréales brutes. Les farines sont exclues, spécialement celles en provenance de Chine...

Avec 7000 m², dont 2000m² à l'état de forêt, je pense que mes chères poules pondeuses auront assez d'espace.

Au niveau alimentation, me voilà en train consulter les modes d'emploi sur internet. A priori, 10 à 15% de graines de lin qu'il faut broyer (pénible le truc...). Si possible 10 à 15% pour des graines de colza. Du riz et du maïs concassés par paquets de 25kg, c'est facile à trouver. En revanche, nous sommes en train de tenter d'identifier le grossiste au Costa Rica de lin. Car au détail pour l'instant, je paye 2500 colons le kg de lin, soit un prix 2,5 fois plus élevé qu'en France.

En plus, il va falloir contrôler. Il faut que je mette la main sur un laboratoire capable d'analyser la teneur en Omega 3 de mes oeufs. Par chance, il existe sur la côte caraïbe une université et centre de recherches reconnue dans toute l'Amérique Latine pour les questions d'agriculture biologique. J'espère trouver mon bonheur chez eux...

Dès la première semaine, les emmerdes avec les poules ont commencé. Les faire rentrer dans la cage pour la nuit est une épreuve quotidienne. Oscar me met branlée sur branlée à ce jeu. Il arrive à en choper généralement 3 dans ses bras pendant que moi, suis encore en train de courir derrière la mienne.

De 6, elles ne sont plus que 4. Notre chien, un golden croisé dit "bounty" ou encore "boubou le débile" (un surnom qui vient de sa légendaire et incroyable stupidité), en a tué deux. Il a tenu une semaine. On a tenté de l'éduquer avec patience (environ 50 interventions par jour !). Dès que nous avons eu le dos tourné, c'est à dire, Oscar à l'hôpital pour ses calculs dans les reins et moi en train de bosser, "Bounty" est passé à l'action. Je suis arrivé par hasard ou par intuition sur la fin de la deuxième attaque. J'ai réussi à la sauver. Elle est morte pendant la nuit dans la cabane. Le lendemain matin, on l'a enterré avec Oscar. L'atmosphère était pesante : "fucking bounty"...

Quelques heures plus tard, je me suis débarrassé de ce crétin de chien. C'est la deuxième fois. Le premier était une petite husky. Elle était folle. Tous les canadiens y sont allés de leurs petits commentaires sur comment il fallait faire pour la gérer. Mon opinion était faite depuis longtemps. Seulement, n'ayant pas d'expérience, je me suis laissé influencer.

Au bout d'une énième connerie, on l'a finalement dégagé en la donnant à l'assistant du vétérinaire du coin qui fait vraiment autorité en matière de contact avec les animaux. C'était son rêve d'avoir un husky. Nous aussi... Du haut de sa décennie d'expérience en tant que professionnels des animaux, il a tenu 3 ou 4 mois et l'a viré à son tour. Concrètement, il a tenu moins longtemps que nous... Du coup, mon opinion sur les canadiens...

Quand un animal est taré, c'est foutu. Pour notre malheur, nous avons tiré à deux reprises un mauvais numéro... J'avoue que j'ai failli déglinguer Bounty quand je l'ai vu, la poule par terre qui servait de baballe. Passé un certain stade et un certain nombre de conneries, le stock de patience est épuisé. Bien sûr, avant cette énième incident, à nouveau, tout le monde y a été de son conseil pendant des mois et des mois pour dire comment il faut faire. Bounty est un super chien, tu vas voir... tu parles ! En réalité, ce chien était surtout une source assez hallucinante d'emmerdes.

En outre, au sein des donneurs de leçons, combien ont fini par avouer une fois alcoolisés, les trempes qu'ils ont collé sur leurs chiens ? Soit il faut passer une heure par jour à leur faire rentrer dans leur crâne riquiqui, deux ou trois règles qui permettent une cohabitation (il faut donc être oisif et avoir pas mal de temps à consacrer), soit il faut taper dessus, car ils ne respectent vraiment que la force (bonjour l'intérêt de la période d'éducation...). Ces chiens ont été une immense déception. Quand je compare avec ma relation aux chats, les chiens sont vraiment faits pour des gens différents de moi...

Je n'ai aucun doute que le mec qui a récupéré Bounty se lassera aussi de sa folie. Comme pour la Husky ! C'est la race qui est comme cela... qu'ils me disent tous. Au bout de un an, il se calme. Boubou avait 14 mois. Du coup, les compteurs se sont modifiés dans les discours. Au bout d'un an et demi ou deux ans, tu vas voir, il va devenir adorable. Deux ans d'emmerdes que je répondais... tu veux dire que je dois passer encore un an entier sur le même rythme ????? Je passe mon tour !

Deux échecs avec les chiens et un démarrage assez poussif avec les poules. Sur les 4 restantes, pour l'instant, il n'y a qu'un oeuf tous les deux jours... il ne faut pas être affamé... Il y a dans tout ça une bonne surprise :  les poules se révèlent assez "friendly". Elles recherchent la compagnie humaine de manière étonnante. Et la cohabitation avec les deux chats qui restent, se passe super.

En synthèse, je suis passé de deux chiens et trois chats, à 1 chien et 2 chats et 6 poules. Puis, au final, en ce moment, je suis à 2 chats et 4 poules. Si vous n'arrivez pas à suivre, ne vous inquiétez pas, moi même non plus alors que je suis dedans l'histoire...

La dure vie du Costa Rica pour nénette :

Putain, mais qui vient me faire chier dans mon sommeil, bordel de merde !!!?

 

Bon je me recouche avec ma soeur. Il faut se reposer là, il fait chaud quand même...

 

La vache, elle est dure cette année, la saison des pluies...

 

 

 

Organiser les premières productions comme on peut, compte tenu de l'ignorance totale qui nous habite !

Nos débuts furent chaotiques. Non structurés, nous nous sommes beaucoup agités pour des résultats peu flatteurs. J'ai cliqué toute ma vie sur des souris d'ordinateurs dans un milieu urbain. Je dois donc à la fois me former à une vie rurale et en même temps, découvrir un milieu naturel qui m'est étranger, le milieu tropical.

Encore aujourd'hui même, je viens de découvrir un fruit. Je croyais qu'il s'agissait en réalité de gros pois, donc du salé. Je l'ai ouvert pour tester. Cela faisait une semaine qu'il traînait dans le frigo, suite à un achat test... A aucun moment, Viviane ou moi, avons deviné qu'il s'agissait de sucré, compte tenu de la forme extérieure... nous ignorons encore le nom de la chose ! Une amie canadienne est venue dîner le même jour et nous avons eu l'immense plaisir... de la voir commettre la même erreur sucré salé que nous. Comme quoi !

A l'intérieur, un petit fruit avec noyau !

 

J'ai donc décidé de reprendre les choses en main pour canaliser les efforts avec Oscar et fiabiliser la production de fruits et légumes. Je vais faire des listes et agir plus méthodiquement !

 

 

ANANAS

Nous en consommons deux par semaine et la famille d'Oscar, deux également. Cela fait donc un besoin de 4 ananas par semaine. Il faut 2 ans en moyenne pour qu'un pied d'ananas fasse un fruit. Si on veut couvrir nos besoins, nous avons besoin de 416 pieds. Il faut les planter au fur et à mesure, car sinon, il y aura embouteillage au moment des récoltes. Imaginons maintenant qu'il y ait des pertes, avec des animaux sauvages qui viennent se servir ou d'autres problèmes non anticipés. Imaginons en outre que nous ayons des visiteurs qui ne cracheront pas sur un morceau succulent d'ananas bio à moitié sauvage. Enfin, je dois prendre en compte le fait que je ne suis pas au Costa Rica full time, mais seulement 6 à 8 mois de l'année. Je suis donc parti sur une base de 500 pieds. Actuellement, Oscar et moi en avons mis en terre une centaine selon la règle immuable suivante : un ananas mangé = un ananas planté. Allez on répète : un ananas mangé = un ananas planté...

On passe notre temps à récupérer des pieds dès qu'on peut auprès des producteurs sur les marchés. Il existe différentes variétés, des blanches, des jaunes, des ananas rouges. Pour l'instant, je dois confesser que je fais plus dans la quantité. Mais je me suis promis à l'avenir de collectionner ces différentes variétés. Je trouve l'ananas sauvage parmi les expériences sucrées en bouche les plus extraordinaires. Cela n'a rien à voir avec la production industrielle disponible à la vente en France. Même les ananas que je mange en Thaïlande ne sont pas, loin s'en faut, équivalent à ces petites usines de bonheur que sont les ananas du Costa Rica...

Il faut savoir que la cueillette des ananas se fait à l'aide d'éthylène gazeux qui déclenche une floraison synchrone d'un champs. De quoi choquer mon idéal personnel de qualité... Comme d'habitude, la production alimentaire bute sur les aspects économiques. Je ne parle même pas des champs d'ananas du Costa Rica destinés à l'export, notamment pour la France. Ils sont aspergés par avion (le frère d'Oscar en a été une victime. Il ne peut plus s'approcher de produits chimiques sans déclencher des réactions dans son corps) de produits phyto sanitaires, fongicides, pesticides, les employés n'étant pas protégés.

De nombreux locaux au Costa Rica refusent de seulement toucher physiquement les ananas ou les bananes (ils savent ce qu'ils ont déversé dessus...) qui sont vendus dans les Auchan et toute la clique d'escrocs français de la distribution (je les accuse d'escroquerie, car les rayons de produits frais comptent parmi les plus rentables, tandis que les producteurs de fruits comptent parmi les intervenants économiques les plus pauvres... il y a prédation de la valeur ajoutée économique par les uns au détriment des autres. Cela ne me dérange pas sauf quand il s'agit du logement et de la nourriture, besoins basiques fondamentaux humains dont la monétisation pose problème). Vous avez déjà vu dans vos rayons de supermarchés des briques de "jus d'ananas du Costa Rica". C'est du vent marketing. La réalité, c'est que la côte caraïbe dédiée à la production de ces fruits est ravagée par la chimie lourde... Boire cela, c'est essayer de vous faire du mal en ingérant des saloperies toxiques et c'est financer en même temps, une industrie agro alimentaire destructrice.

Pour l'instant, j'ai parqué les 200 pieds dans trois zones.

J'ai observé empiriquement que les graines de papaye se développent très facilement quand on les jette au pied des ananas. Du coup, sur mes photos, vous pouvez voir systématiquement des papayers avec des ananas...

La première zone avec 40 pieds, vieux de 6 mois à  un an.

La deuxième zone avec 50 pieds

Et la troisième zone, plus sauvage, qui débute dans les 7000m² où l'on va mettre les 400 futurs pieds au fur et à mesure, entourés d'une trentaine de papayers. Au moment où j'écris ces lignes, 100 pieds sont en terre, avec 10 papayers au milieu.

 

PAPAYE

Beaucoup d'Occidentaux détestent ce fruit et sont incapables de le manger. J'ai toujours adoré, surtout quand il est bien mûr.

J'ai planté près de 30 pieds un peu partout pour démarrer. Et j'ai une vingtaine de pousses en stock.

Photo de mon plus vieux papayer. Il a 8 mois. Et je trouve qu'il traîne un peu... Certains jeunes plants l'ont presque rattrapé...

 

 

 

ECOSYSTEME PUISSANT

Le Costa Rica est l'un des seuls pays au monde qui a bloqué la destruction de l'environnement. Attention, il y a beaucoup de marketing bidon autour du Costa Rica et sa nature. Elle est belle. Elle est sauvage. Mais il n'en reste pas grand chose... Comme tous les autres pays de la planète, des dommages pratiquement irréparables ont été causés. Seulement, avant beaucoup d'autres, le processus a été enrayé grâce à une volonté politique et une relative cohésion des populations. Il existe donc encore des zones avec des forêts primaires et secondaires contrairement au Panama où beaucoup a été coupé, ce qui donne lieu à une savane. J'ai récemment pris un petit avion (les Cessna qui remplacent les trains totalement absents) et j'ai survolé de nombreuses montages.

La vérité ? Combien sont vierges d'arbres ? Tout a été coupé ! Le Costa Rica peut remonter la pente avant les autres. Il n'en demeure pas moins qu'il reste beaucoup à faire...

En attendant, il est un fait notoire. En zone tropicale humide, l'éco système est d'une puissance assez folle quand on a en tête celui de la France. Il se dit d'ailleurs que si vous enterrez un cadavre du gars qui vous a cherché des poux dans votre jardin, en trois semaines, il ne reste pas grand chose...

J'ai fait une première expérience de bouture avec une plante ornementale que j'aime beaucoup regarder tous les jours. J'ai mis une tête dans un verre pendant deux semaines à l'image de ci-dessous (cette fois-ci, j'en ai collé 5...)

Quand les racines sont apparues, je l'ai collé dans un pot de terre. Pendant un mois, il ne s'est rien passé. On a changé de stratégie. On a mis de la bonne terre et on a placé la chose sous la serre à l'abri de la pluie et du soleil.

Au bout de seulement deux mois, voici le résultat : une taille multipliée par au moins un facteur quinze !

 

Tout pousse à une vitesse effarante. Quand on met des graines de tomates en terre, les premières germes apparaissent au bout de 72h ! Les premières tomates au bout de deux à trois semaines. D'un naturel impatient, je dois confesser que les cultures maraîchères au Costa Rica sont sympa. Tout va plus vite, 12 mois sur 12 !

 

 

BANANIERS

Je suis un gros mangeur de banane, surtout les petites. Leur texture et leur goût n'ont pas grand chose à voir avec les bananes industrielles. Il y a six mois environ, Oscar a planté 18 bananiers. Certains font maintenant 3 - 4 mètres de hauteur.

 

Photos des premiers bananiers après 8 mois - ils font plus de 3 mètres de haut

 

Nous en avons rajouté 22 de plus récemment. Ils sont curieux ces bananiers. Ce ne sont pas des arbres, mais comme des herbes. Ils se dupliquent au pied avec les rejetons qu'ils fabriquent. Une fois qu'ils ont accouché d'un régime de bananes, ils meurt ! Il faut couper pour faire la place aux nouveaux.

Photo d'un des bananiers qui a déjà produit en 8 mois cinq rejetons. J'adore la couleur un peu rouge du pied, mise en valeur par le soleil couchant.

 

Photos d'un bébé bananier qui a une semaine. Le tronc fait la taille d'une bouteille de jus de fruit TETRA PAK. La feuille pousse dès que le tronc est mis en terre.

La banane est probablement le fruit le plus adapté à la création de sorbet. On fait tremper des petits raisons dans du rhum. On découpe en rondelles les bananes qu'on hache ensuite dans un robot. On mélange et hop au congélo. La cannelle ou d'autres fruits permettent de composer différentes versions.

J'adore manger de la banane glacée quand je remonte du jardin vers 17h00, fatigué et dégoulinant de partout, avant ma douche quotidienne sacrée, à l'eau froide, en extérieur devant la montagne.

En outre, je dois confesser que je suis un grand fan sur un plan esthétique des bananiers. Leurs grandes feuilles ressemblent à des oreilles d'éléphant (bon ok, après deux punchs, au rhum des Antilles à 55 degrés, je vous assure qu'on peut deviner la tronche d'un éléphant cachée dans les feuilles, sans trop chercher...). Je les observe pousser tous les jours. J'ai plusieurs variétés. C'est beau pour mes yeux.

Pour ces premiers travaux, je me suis arrêté à 40 pieds. Mais quand je coloniserais le reste de l'espace (sur les 5 hectares qui attendent), je compte bien en planter des centaines...

Il faut aussi préciser que le Costa Rica ( 9ème producteur mondial malgré la faible surface du pays !) est un endroit parfait pour les bananiers qui trouvent à disposition l'humidité et la lumière qu'ils aiment. On peut vraiment dire qu'ils poussent comme des mauvaises herbes. Il n'y a rien à faire. Magique !

La banane, c'est le king des fruits, le plus produit au monde.

 

 

 

CITRONNIERS - ORANGERS

Au Costa Rica, les oranges sont vertes ou jaunes. Et elles sont moins bonnes que les oranges "oranges" ! En revanche, il existe plusieurs espèces de citrons verts et ils sont vraiment meilleurs que les citrons jaunes. C'est une grande affaire de couleurs, tout ceci...

Certains citrons sont à mi chemin entre l'orange et le citron jaune. Du coup, avec leur saveur très douce, on peut en boire souvent, surtout quand il fait chaud. Il y a aussi les citrons verts pour le rhum, ce qui permet de voir la vie en rose...

Seulement, tout ce petit monde des agrumes pousse à la vitesse des escargots. Le pied le plus ancien que j'ai, démarré sur graine il y a 10 mois, n'est pas bien haut : à peine 60 cm.

Quand on découpe une feuille et qu'on la froisse sur les doigts, l'odeur est délicieuse. Je suis bien incapable de faire la différence entre un oranger et un citronnier, à part à priori, la double feuille qui indique la présence du citronnier. En revanche, à l'odeur, c'est plus facile.

J'aime aussi la couleur verte qui est assez épurée, un peu comme le vert des pommes granny smith :

Une douzaine de pieds sont en terre. Je pense que mes petits enfants un jour, auront peut être une chance de déguster un citron ou une orange, mais en ce qui me concerne, c'est foutu...

 

 

 

COCOTIERS

Quand on a bien chaud ou après des efforts intenses (genre violemment porter un verre à sa bouche, un mouvement crevant pour le poignet... ben oui, c'est bien connu, tous les expats passent leur temps à boire comme des trous... dixit ceux qui restent en métropole...), une coco verte du frigo, c'est comment dire ? : paradisiaque.

Seulement, les cocos, c'est dans le genre coriace, dur de chez dur. En théorie, on prend une machette qu'on aiguise et on scalpe la coco jusqu'à pouvoir faire un trou et planter une paille dedans ! Ci-dessous le résumé de la situation...

Le souci, c'est pour ceux qui ont vécu 15 ans à Paris. Prendre la machette dans la main droite et tenir la coco dans la main gauche pour la scalper, c'est du genre 84% de probabilité de finir à l'hosto avec un doigt en moins. Plutôt moche ! D'autant qu'avec un doigt en moins, il n'est même pas sûr que la coco aura délivré le précieux nectar...

C'est là qu'intervient la technologie, en l'occurrence mon voisin Arnaud. La coco, on peut la plier en deux secondes... avec une perceuse !

Ci-dessous le nouveau résumé de la situation...

 

Black et Decker, c'est quand même nettement plus efficace, safe et rapide que la machette. Les ticos, quand ils ont vu la manière de faire, ils ont pas moufté. Ils se sont inclinés !

J'ai planté 15 cocotiers verts et 7 jaunes.

 

 

 

MANGUIERS

Les mangues du Costa Rica, c'est une tuerie. Rien à voir avec celles de Thaïlande ou qu'on peut acheter en France. Ici, il existe plusieurs espèces de manguiers qui poussent selon les différents climats du Costa Rica. Maintenant, les mangues de la région d'Orotina, en bouche, mûre comme il faut, cela décoiffe.

Au delà du goût, ce qu'il y a d'incroyable, c'est que la mangue apporte un paquet de vitamines et de trucs bon pour la santé, qui empêchent de vieillir débile et moche (bon ok, là aussi, c'est que j'arrive à lire sur la peau de la mangue, sur l'étiquette invisible qui devient visible après avoir entamé un deuxième punch sec à 55 degrés...). Il n'empêche qu'officiellement, manger une mangue par jour, cela permet ensuite de se détendre la couille en se disant :

" c'est bon, aujourd'hui, j'ai fait mon job, j'ai avalé ma quantité de vitamine C (comme en plus, c'est plaisant à avaler, cela permet de faire d'une pierre deux coups !)"

Enfin, c'est théorique, car aucun pays dans le monde n'est d'accord pour fixer une quantité minimale de vitamine C à avaler chaque jour. Il semblerait qu'il faille prendre une grosse mangue de 300 ou 400 grammes... 250mg de Vitamine C semble être une bonne target...

Les manguiers sont des arbres assez imposants :

J'en ai démarré une dizaine à partir de noyaux. Au début, j'ouvrais au couteau les noyaux pour extraire la graine de mango que je mettais à germer en pot de terre. Si je mettais le noyau entier dans un pot, il pourrissait.  Ouvrir la coque, c'était chiant car la peau du noyau résiste assez fort. Je manquais à chaque fois de me couper un doigt vu que je ne suis pas un mec super manuel pour ce genre de choses (heureusement, pour une autre catégorie d'actions manuelles, je sais à priori jouer du piano comme il faut... suis pas certain que tous les mecs manuels exploitent dans tous les domaines leur talent. Or, jouer du piano en zone tropicale humide sur sujet féminin consentant, c'est quand même nettement plus intéressant que de péter la gueule sans souci à ces noyaux de mango...).

Bon bref, après ce débat profond, revenons au sujet : je me suis aperçu que je ne gagnais pas plus de temps à mettre directement en terre le noyau. Au bout de un à deux mois, certains germent quelque soit la solution retenue. J'ai joué la stratégie naturelle de la quantité en mettant tous les noyaux de mangue que je mangeais en terre...

Concrètement, j'obtiens donc un bébé mango qui germe de la taille de deux tiers de bouteille TETRA PAK

Ensuite, je les stocke sous la serre pour qu'il triple de taille, dans des pots :

Quand ils font deux ou trois fois la taille de TETRA PAK, pof, je les mets en terre :

Celui là, il a grave poussé en dix mois. Mais les autres, je les trouve un peu lent. Je ne suis pas prêt de manger MES mangues !

Comme vous le pouvez le voir sur l'image, la pente est sèche sur le terrain. Chaque arbre planté, chaque action exige de monter et descendre. Avec la chaleur et l'humidité, le jardinage ici ne peut pas se pratiquer comme en France. On est physiquement rapidement essoré. J'étale donc en en faisant tous les jours un petit peu. J'essaye de planter deux arbres par jour ou de faire deux tâches mini.

 

 

 

GRANADILLA SAUVAGE

Oscar m'a fait découvrir une version sauvage de la granadilla, le fruit de la passion que nombreux connaissent. La Granadilla sauvage, c'est un truc de fou en bouche. La puissance en goût est terrible. Je n'exagère rien. Rien à voir avec les versions grand public. C'est l'une des expériences les plus fortes que j'ai fait ici avec les fruits. Beaucoup sont excellents, mais la granadilla sauvage, c'est du lourd, du très lourd.

Cela ressemble à ça (j'ai pris la photo chez un ricains au Honduras, car je n'ai pas pris de photos les jours où j'en ai mangé...)

 

Par chance, il y avait des pieds sur mon terrain que les jardiniers précédents avaient coupé  et recoupé. Oscar, collectionneur de fruits tropicaux dans l'âme et passionnés, a tout de suite repéré un vieux pied sous forme de racines. Il a construit une cage car il s'agit d'une plante grimpante, le démarrage ayant été fulgurant et prometteur quand on lui a laissé la possibilité de croître sans être tondue. Nous espérons la prochaine saison récupérer des fruits. Franchement, miam-miam...

 

 

AVOCAT

Je suis un gros mangeur d'avocat. C'est le seul fruit qui a une densité calorique assez importante. De mémoire, le rapport est de 1g pour 3,5 calories. Quand j'ai vraiment une grosse faim ou que je dois faire des efforts, le réflexe, c'est l'avocat. En plus, comme je consomme finalement peu de lipides, je me rebalance mes apports avec les avocats, les amandes et les noix. L'avocat a cette avantage d'apporter la vitamine E et des acides gras insaturés (en gros, je suis un veinard qui aime un fruit qui va m'aider à atténuer le vieillissement et à niquer super longtemps, bien après 60 ans. Ah quel monde merveilleux...)

Cela dit, je mange aussi l'avocat car j'adore le goût. Il existe plusieurs espèces. Je ne suis pas fan des avocats verts clairs. Ils ont assez souvent goût d'eau. Mais les autres, je les gobe...

Certains estiment qu'un avocatier mature produit une centaine de fruits. J'ai donc vu large, car il y a des maladies locales qui tuent les avocatiers. Vu que j'en mange environ 100 par an, ma femme idem à la louche. Il faut compter Oscar, sa famille, plus les déperditions, les animaux sauvages et les intempéries. On est donc parti sur une quinzaine de pieds immédiats et on continuera à en planter au fur et à mesure de temps à autre.

J'ai eu pas mal de casse pour faire germer les noyaux. De nombreux spécimens ont pourri. Il faut dire que la première année de ma présence au Costa Rica a été marquée par des pluies inhabituellement intenses. Qui plus est, il faut être patient. C'est un long process comparé à d'autres, la création d'un avocatier...

Aujourd'hui, avec la serre ouverte, c'est facile. On met des noyaux dans des pots de terreau et on parvient à nos fins avec 80% de taux de réussite. A noter que j'ai acheté aussi deux pieds qui ont été greffés . Ils n'ont jamais vraiment poussé en 10 mois de présence. Ils sont faibles, souvent attaqués par les bestioles et les champignons, bref, ils ne sont pas beaux. C'est pour cela que je préfère tout démarrer sur graines. J'ai 37 ans. Tant pis s'il faut attendre 4 ou 5 ans. La formule greffée est pour les impatients. Mais, elle ne me semble pas super naturelle...

Par expérience, je transplante désormais le plus tôt possible en pleine terre les noyaux germés qui ont quelques mois, car après, si on attend trop longtemps, l'arbre fait vraiment la tête pendant plusieurs mois une fois qu'on l'a bougé. Ci-dessous un bébé avocatier mis en pleine terre au bout de trois ou quatre mois.

Ci-dessous, mon plus vieux noyau d'avocat : il a dix mois et mesure déjà 1,50m de hauteur. Il m'a dit un secret dans l'oreille que je suis le seul à connaître : il va faire son maximum pour produire tout plein d'avocats chaque année, sans se laisser impressionner par toutes les petites bébêtes affamées qui vont tenter de le bouffer tout cru...

 

 

 

CURCUMA

Normalement, si vous avez ouvert ne serait ce qu'un seul journal féminin dans votre vie, ou plus dangereux, un seul livre de nutrition, il est probable que vous ayez absorbé une prose ultra pro curcuma.

Je vous la fais courte : il paraîtrait que les petits indiens qui crèvent la dalle, qui sont en mal nutrition quasi permanente, n'ont pas de cancer ou presque pas. C'est qui le coupable de ces statistiques étonnantes ? Monsieur le curcuma qui est mangé à priori quotidiennement là bas. Anti inflammatoire, anti cancéreux, anti tout ce que vous voulez, bref, vous êtes vraiment trop nul si vous ne mangez pas votre curcuma chaque jour. Grosse pression sur nos épaules d'occidentaux pourris.

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais la poudre de curcuma tous les jours dans notre bouffe, c'est rapidement repoussant comme concept. Quand j'habitais encore en France, je me demandais souvent à quoi ressemblait le curcuma avant qu'il soit poudre orange dans un pot en plastique, porteur d'effets magiques sur la santé...

Quand je suis arrivé au Costa Rica, ces petites racines sont en vente partout. Elles poussent aussi facilement que de la mauvaises herbes. Une grosse poignée se vend 500 colons, soit 70 cents d'euros. Ruineux. Le budget curcuma frise tout de même les 1 euro par mois et par personne. Pour 12 euros par an, on supprime le cancer de la liste des saloperies à éviter. Fastoche non ?

OK, c'est décidé, j'en mets plein mon jardin (excusez, ma petite ferme bio d'amateur... c'est mieux que le mot jardin pour mon égo). Pourquoi en mettre plein mon jardin alors que cela ne coûte rien à l'achat ? Hé hé hé, question de confiance, les Costa Riciens sont un peu trop fasciné à mon goût par le pouvoir de la chimie. En outre, ils ont la cervelle attaquée par la même idéologie que les agriculteurs français, à savoir qu'un gars qui fait son travail, est un gars qui a un jardin au carré, sans aucune mauvaise herbe qui traîne... Et les mauvaises herbes, quand on est un gros con de ce genre, Français ou Costa Riciens, on ne les arrache pas à la main. On utilise des produits, le genre de produits que je préfère éviter d'absorber dans mon sang si je veux conserver l'usage de ma quéquette... (ben oui, les viticulteurs du Languedoc Roussillon, ils font moins les malins à priori quand on publie les statistiques des micros pénis chez leurs enfants ou leur niveau de fertilité...)

Du coup, m'est venu de nouvelles questions. On prend une petite racine de curcuma, on la fait germer, comme celle que j'ai pris en photo spécialement aujourd'hui pour vous...

On met ce machin en terre et au bout de deux mois environ, apparaît des grandes feuilles vertes qui ressembles à cette image (j'ai actuellement une vingtaine de pieds).

Et là, attention, voici ma question de citadin : si on met une racine de curcuma en terre, alors qu'on est censé la manger, il se passe quoi exactement ? On ne va pas la ressortir de terre pour la manger dans quelques mois ! La même, cela servirait à rien, non ? Ben oui, j'ai un souci : c'est quoi la règle du jeu du curcuma magique qui empêche d'être malade ?

En fait, Oscar a déterré une motte quasi sauvage qu'il a trouvé et il me l'a montré. Le morceau de racines fait des feuilles extérieures, lesquelles font de nouvelles racines qu'on pourra manger à l'avenir, un peu comme un motte de radis. La première racine mère à priori, disparaît en pourrissant.

Pffff, je me suis senti mieux quand j'ai connu la réponse à cette question métaphysique. J'ai retrouvé un sommeil de qualité. En plus, je machouille mes racines de curcuma au quotidien. Il ne  peut plus rien ne m'arriver...

Bon, pour de vrai, le goût du curcuma frais qui sort de terre, est agréable, bien meilleur en tous les cas que la poudre. Généralement, je l'utilise dans l'eau de cuisson de quinoa, riz, légumineuses, pomme de terre... J'ai les doigts jaunes et ma brosse à dent est également jaune orangée... C'est signe de bonne santé...

 

 

 

LE TEMPS DES PREMIERES RECOLTES

Mine de rien, à raison de quelques oeufs, de tomates qui ont survécu aux insectes, de concombres qui ont résisté aux champignons et aux attaques en tout genre, de menthe, de poivrons... j'ai fini par pouvoir manger des machins qui sort de mon jardin.

 

Je mange aussi pas mal de salades. Ces trucs là au moins, ne nous posent pas de problèmes pour les produire.

 

Dernier point : quand je suis arrivé au Costa Rica, un canadien m'a dit avec un aplomb sans faille que jamais les tomates et cultures maraîchères pouvaient pousser dans le coin, à cause des insectes et du climat.

Charles, tu vois, cela fait 15 ans que je vis ici. Comme tous les autres au départ, j'ai essayé de faire ce que tu veux mettre en place. J'ai arrêté car rien ne peut pousser. Tu verras, fais ton expérience et tu comprendras plus tard. On a tous nos lubies. Elles finissent par passer quand on se confronte avec la réalité.

Une autre canadienne m'a dit aussi : à part faire pousser des tomates cerises en pots, c'est l'échec assuré sinon. Cela ne peut pas à cause de la terre.

Perso, je trouvais qu'il y avait un truc qui clochait dans ces témoignages. Une terre riche, du soleil intense et de la pluie et c'est impossible ???? alors que certains spécialistes de la perma culture démontrent qu'on peut faire pousser des fruits en plein désert (à noter qu'il a pu prouver le succès de l'opération en Jordanie, à l'aide des femmes, les hommes ayant décrétés que c'était impossible...).

Je n'y connais rien. Du coup, j'ai cherché et j'ai la chance d'avoir eu l'opportunité de rencontrer un français de Guadeloupe qui avait travaillé dans le secteur. N'y connaissant rien et n'ayant donc pas peur de passer pour un débutant, je lui ai expliqué la situation.

Sa réponse a été la suivante : les cultures maraîchères ont du mal à survivre quand elles subissent la pluie tropicale qui casse les fleurs et les jeunes plants. En outre, le soleil trop intense les brûle. Il suffit pour contourner le souci, de tendre une toile transparente en plastique qui arrête une partie des rayons du soleil et 100% des gouttes de pluie.

OK ! J'ai mis en place ses recommandations... et au bout de deux mois de tests avec 6 pieds de poivrons et 6 pieds de tomate en pleine terre, sans aucun produit chimique, j'ai commencé à avoir un nouveau souci : je me suis retrouvé incapable de manger ce que ces seuls 6 pieds produisaient...

Les poivrons ont commencé à me sortir par le nez à force d'en avaler...

Je reste à 37 ans atomisé de surprise par l'aptitude des humains à accepter les informations bancales et les défendre devant qui de droit avec force. La France regorge d'inepties que les Français adorent et défendent avec acharnement. Les canadiens sur ce coup là des tomates, franchement, ils n'ont pas fait mieux. Heureusement que je n'ai pas un esprit convetionnel, sinon, j'en serais encore à acheter mes tomates au marché avec le doute massif quand aux produits chimiques que leur peau comporte...

 

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