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ARGENT / EXPATRIATION - SANTE - THAILANDE


 

25 poules tuées en un an, Charles, tes moche !

 


 

 

LE PRIX DE L'AJUSTEMENT

Bon, s'il existe un dieu des poules et qu'il m'attend au moment de ma mort, je vais douiller super méchant. Môsieur Charles, attendu que vous avez attenté à la vie de 25 poules en un an par le biais de vos agissements, 25 pauvres âmes innocentes, et que vous n'avez exprimé... pan, 1000 ans d'enfer, j'ai écopé... vache, ça craint de foirer les expériences agricoles !

Qui suis je ? Sur un plan culturel, je viens de la France. Je me trimballe donc un héritage de concepts que j'ai absorbé à mon insu.

Petite parenthèse, je suis absolument contre l'idée du déterminisme génétique. Je suis même persuadé que nous investissons actuellement des dizaines de milliards de dollars en perte dans la recherche génétique. La clef n'est pas le gêne, mais l'environnement. L'environnement pré et post natal détermine ce que nous devenons. Nous subissons par exemple entre 0 et 20 ans autour de 100.000 "non" contre 20.000 "oui". Il existe une énorme corrélation dans les études entre les caractéristiques de notre univers d'enfance et notre fonctionnement d'adulte. En comparaison, les gênes n'obtiennent que de faibles scores. Mais dépenser des dizaines de milliards à bâtir une autre société ne rapporte pas grand chose...

Se débarrasser de sa culture pour tenter de redevenir plus libre est l'oeuvre d'une vie, compte tenu du lavage de cerveau mis en place par les pouvoirs mondiaux afin de promouvoir un modèle de société qui arrange bien leurs affaires.

Quel rapport avec mes 25 poules perdues en un an ?

Il m'a fallu ces pertes pour comprendre...

La France a éradiqué la nature sauvage sur une partie non négligeable de son territoire. Bien sûr, la plupart des français à qui on dit cela se révolte. Laissons les à leurs illusions. Pour ceux qui veulent en avoir le coeur net, je les invite à emprunter le vol Madrid Nantes de 15h40 décollage à Madrid, de préférence au printemps ou en été pour avoir de la lumière. L'avion débouche à Hendaye, puis suis la côté française jusqu'à Nantes. Volant à une bonne altitude, les jours où il n'y a pas de nuages, il nous est permis à condition de choisir la rangée droite de l'avion, de voir l'état de la nature française sur 500km de côte avec un horizon de 50 à 100km.

Le constat est simple : il n'existe plus aucun arbre. La terre est pelée à vif. Les massifs de forêt sont inexistants. Je pèse mes mots. Il n'y a que des haies. Quand nous sommes au sol, nous avons l'impression qu'il y a pleins d'arbres partout. En réalité, ce ne sont que des haies.

La nature sauvage a été littéralement éradiquée.

Je me suis laissé influencer par cet état. Je suis parti à contre, car révolté. J'ai considéré la nature comme une victime de nos agissements d'humains.

Malheureusement pour moi, la réalité est plus mitigée. Si nos aînés ont éradiqué la vie sauvage, c'est pour jouir d'une vie sans danger, chose qui m'a échappé... La nature sauvage menace à chaque instant notre existence. Les forêts abritent pleins de bébêtes pas toujours super sympa, qui n'ont la plupart du temps qu'une envie, c'est de nous bouffer tout cru. Je ne parle même pas des forêts tropicales où notre suprématie humaine est plus que contestée.

Je me suis occupé de mes poules en étant aveuglé. Le deal, c'était qu'elles devaient être libres. D'ailleurs, il était très visible qu'elles ont toutes adoré vivre avec nous, se balader partout. Aucun doute qu'elles étaient heureuses. Seulement, elles sont toutes mortes à peine un an plus tard. Il semble que la nature entière soit là pour les bouffer ces gentilles cocottes.

Elles se baladaient la journée, et le soir à la tombée de la nuit, Oscar ou moi, on descendait fermer leur petite maison. Seulement, les soirs où il pleut doublé aux soirs où je suis claqué, descendre fermer la porte pète les burnes.

Il y a deux mois, je me suis permis de ne pas descendre deux soirs de suite. Le troisième jour au matin, je me suis étonné de ne pas entendre les poules se promener sous la maison à 7h00. Pris d'une intuition, je suis descendu à la maison aux poules...

Il n'y avait plus qu'un petit tas de plumes. Nous avons retrouvé les carcasses plus loin dans le jardin. Les 8 dernières survivantes se sont faites donc avaler par une grosse bébête ou plusieurs. Impossible de savoir ce que c'est, mais 8 poules d'un coup, ce sont des prédateurs de niveau supérieur. En plus, il ou ils a ou ont réussi à les tuer sans faire de bruit.

Je me suis senti mal pendant plusieurs jours. J'avais ces morts sur la conscience.

Puis j'ai réfléchi. J'ai compris que mon approche n'était pas viable. Je m'étais tout simplement trompé. J'avais fait mon français réactionnaire... Il était temps de regarder la réalité en face.

La nature est hostile à l'homme. On peut tenter de collaborer avec, mais il faut s'organiser, mettre des limites. Sinon, cela ne marche pas. On ne peut pas survivre ou au prix de trop d'efforts en abordant la situation sous l'angle tout rose de la nature magnifique toute gentille. C'est nier toute l'avancée de l'humanité que de pratiquer un mode extensif comme je le faisais. Trop d'efforts. Trop peu de résultats !

J'ai donc pris la décision de bâtir un enclos à poules. Donner de l'eau tous les jours pétaient là aussi les burnes. Il fallait nettoyer le récipient. Rien de plus chiant. En plus, dans le genre perte de temps, c'était pas mal...

Autre problème, j'ai mis 120 tilapias bébés dans la marre. Or, les animaux sauvages raffolent de bons tilipias élevés avec des bonnes céréales... Bref, j'avais aussi la contrainte de protéger mon petit élevage nourri avec autre chose que la merde capsulée en sachets de 25kg...

Il s'est donc imposé dans mon esprit un peu triste face à ces 8 poules mortes du fait de mon manque de discipline, que je devais relier tous mes problèmes en un seul. Gestion optimale du temps et des efforts, protection, liberté surveillée et agréable des poules, autonomie en nourriture et eau...

La solution est que l'enclos devait englober la marre. Comme cela, plus besoin de fournir de l'eau tous les jours. Les poules pourraient boire la marre. Et les tilapias seraient protégés.

Nous avons grillagé sur deux mètres de hauteur, 1 mètre en métal et un mètre supérieur en plastique dur. L'enclos fait 120 mètres de long.

Voici donc le cadre de ma nouvelle expérience que j'appelle POULES 2.0 ! On redémarre sur une nouvelle base. Nous allons voir si ca marche ou non...

Au niveau alimentation, j'ai décidé de miser sur 5 aliments de base, farine de blé, maïs broyé, riz, graines de lin entières, haricots rouges et noirs broyés et deux fruits de base, banane et papaye. A noter que j'ai fait une intoxication alimentaire avec les oeufs du commerce au bout d'un mois seulement. Après un an d'oeuf frais et bio, reprendre de la merde industrielle, mon estomac n'a pas aimé. Je ne sais pas ce que j'ai chopé, je fuis un peu, mais un mois plus tard, j'ai toujours du mal à absorber des protéines animales.

Pour les tilapias, faut que je réétudies les expériences réalisées en Afrique tropicale, mais pour l'instant, Oscar cuit du riz tous les jours. On balance des bananes et de la papaye, un peu de farine de maïs. A noter que de nombreux déchets végétaux des arbres tombent dans l'étang.

 

 

CONSTRUCTION

 

Définitivement, nous avons trouvé la bonne combinaison. Structure en pin traité autoclave, extérieur idem (j'ai commencé à étudier les traitements du bois, car cette histoire de pin traité ne me satisfait pas sur un plan santé et ambiance) et pour l'intérieur, après avoir testé du pin lazuré brut, je suis tombé par hasard sur de l'eucalyptus. On a cherché chez monsieur le marchand du coin des teintes avec oscar. On a fait des tests pendant une heure et nous sommes tombés d'accord sur une combinaison. Elle s'est révélée sur l'eucalyptus excellente.

 

Nous avons attaqué la troisième maison, plus grande après de nombreuses hésitations pour la conception. Au total, il y aura 100m² habitables et 100m² de deck couverts à 40%. Il y a quatre niveaux avec un système d'escalier. Les fondations de la maison sont aux normes sismiques avec une poutrelle en métal au milieu du béton renforcé dans laquelle on a vissé la structure bois. Pour le deck, on a utilisé un bois tropical increvable, même quand on le met en terre, le manou ! Ce bois est ultra dense. J'ai essayé de soulever tout seul un poteau et j'ai saisi ce que voulait dire le mot densité du bois...

 

A noter que le Costa Rica n'hésite pas à baiser les étrangers. Pour le premier bungalow, je suis allé avec Oscar à la municipalité et j'ai payé 164.000 CRC soit 325 dollars de taxes. Pour le deuxième, Oscar y est allé seul sachant que le deuxième bungalow est 100% identique au premier. La facture s'est élevée à 103.000 CRC, soit un bon tiers de moins... Comme dit Oscar, no more frances pour ce genre d'opération...

Sinon, j'apprends petit à petit à connaître cette famille. Le changement de vie va être violent !

 

Je découvre à son contact ce que veut dire pauvreté.  J'ai visité leur plantation de café, la maison familiale qu'ils ont mis 6 ans à construire, moyennant le travail de six frères aux quatre coins du pays dans les plantations de bananes pourries à Limon et d'autres jobs tout aussi durs et peu rémunérateurs. Franchement, entre les témoignages de certaines filles qu'on a rencontré avec Antoine ou les ticos en zones rurales, on se prend claques sur claques. On est là avec nos dizaines de milliers de dollars par mois, face à des gens partout qui survivent avec 500 dollars par mois. On se fait tout petit dans nos chaises. La pauvreté des autres aident vraiment à relativiser ses propres emmerdes !

Il est temps d'ailleurs pour moi de réfléchir à faire du développement économique local, un projet à but non lucratif à mettre en oeuvre pour 2013. Les pauvres de France n'ont vaguement aucune idée de ce que sont les pauvres en pays en voie de développement.

On retrouve d'ailleurs les caractéristiques habituelles des sociétés non développés économiquement : place des femmes en retrait, incapacité à économiser du capital, utilisation de la dette à des taux fous, incapacité à se projeter dans l'avenir, concentration extrême du pouvoir économique, activités à faible valeur ajoutée, laquelle valeur ajoutée est détournée par les multinationales, peu d'équipements industriels...

 

 

TERRE FERTILE

 

J'ai poursuivi mes expériences et recherche de productivité. Tout d'abord, en ayant marre de ne pas trouver du bon terreau, j'ai décidé de le faire moi même. J'ai acheté une quinzaine de poubelles grand format que j'ai percé, 5 livres pour les pros et les débutants sur le thème du compost, histoire de réfléchir avec ceux qui ont déjà bien gambergé le sujet... et on a commencé à remplir. Les déchets végétaux carbone et azote ne manquent pas dans le coin...

Sinon, pour la culture à plus gros volume, je suis parvenu à la conclusion que j'allais devoir acheter une scierie. Il faut travailler le bois quand on veut faire de l'agriculture. Les deux vont si bien ensemble.

Pour les fruitiers, j'ai cartonné les pieds sur 1m² au moins. Double couche. La nature pousse comme une fusée. Oscar passe deux jours par mois à tout couper à la machine. Il aime bien couper.

Sinon, depuis plusieurs mois, je cherche une technique qui permettrait de ne jamais travailler une fois les ananas en terre. Et je pense avoir enfin trouvé !

Pour l'instant, mes tests me montrent que le meilleur plan consiste à couvrir la terre de sciure de bois sur 20 cm d'épaisseur, autant dire qu'il faut y aller par camions entiers (je connais des scieries qui ne savent pas quoi faire de leurs déchets). Une fois que la sciure est épandue, il faut couvrir avec du plastique toute la surface. En parallèle, j'ai eu un flash dans la boulangerie française d'Ojochal : j'ai rempli les sacs papiers décomposables (qui servent à emballer les pâtisseries) de terre dans lequel j'ai mis les bébés ananas.

Il ne reste plus qu'à les poser sur la terre en écartant la sciure de bois après ouverture dans le plastique d'un petit espace ! Je trouve que cela pète les burnes de creuser à chaque fois et de recouvrir de terre le pied d'ananas. Pire, quand il faut enlever les herbes entres les tiges de l'ananas qui coupent la gentille peau des humains, nous touchons mes limites de patience et surtout, il m'est impossible de demander de faire ce taff pourri à un humain qui crève la dalle.

Normalement, les ananas que j'ai mis en terre selon ce protocole ne devrait plus jamais faire chier.

Le sac papier va se décomposer en même temps que la sciure au fil des deux ans. Le plastique va protéger de l'érosion et de la végétation. L'ananas va grandir et capturer tout l'espace disponible petit à petit. La sciure seule, cela ne marche pas, les herbes finissent par recouvrir et percer. RDV dans deux ans. Quoique je risque de craquer avant et d'acheter quelques hectares pour jouer et expérimenter en grand ! Si mon procédé marche, je serais content de pouvoir faire une offre au milieu de ces crevards de multinationales qui violent la terre comme des gros porcs à coup d'avion chargé en pesticides pour sortir du jus à 2 euros le litre ! L'ananas bio sans travail. Allez on y croit !

 

 

ANTOINE EST UN COCHON ET ARTISTE...

C'est en trop. Je me dois de publier le Noël 2011 d'Antoine au Costa Rica, 42 ans. C'est que Antoine mène une vie de famille accomplie avec ses enfants. Il n'a que des filles de 20 ans d'âge, très cultivées... avec qui il danse en maillot de bain. Ben ouais, le Noël au Costa Rica, ce n'est pas comme en France. Il ne fait pas -12 degrés. Et vu qu'il n'y a rien à acheter dans les magasins d'inutile, il ne reste plus qu'à tuer le temps comme on peut. Antoine a fini dans les bras d'une troisième. Je balance, parce que David m'a raconté. Moi, je n'étais pas là... Donc là, sans hésitation, vu que la photo ci-dessous témoigne de la réalité, on peut qualifier Antoine de gros cochon ! Parce que franchement, elles ont l'air bien énervé. Je ne sais pas ce qu'Antoine leur a raconté, mais définitivement, on peut conclure qu'il leur a monté la température...

Seulement, Antoine n'est pas qu'une bite sur patte. Non non. Il a une âme. Si si. La preuve ! Quand il parvient péniblement à oublier les latinas, il est capable de braver la pluie avec son appareil photo et de partir chercher de la lumière quantique dans le ciel... Quel artiste... ! Antoine est donc un artiste cochon ! Putain, c'est compliqué la nature humaine, hein...

 

 

 

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