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ARGENT / EXPATRIATION - SANTE - THAILANDE


 

Bye-bye la France !

 


C'est en 2007 que l'idée de quitter la France est devenue un impératif. Je pourrais faire une longue liste d'éléments à charge. A quoi bon. Le fait est que je ne peux pas être bien en France. Mon constat est sans appel. Je dois partir, sinon, je vais rater ma vie.

Quand je repense à tous ceux qui me disaient que l'herbe n'est pas plus verte ailleurs et que je finirais par rentrer. Ou tous ces lâches qui m'expliquaient qu'il vaut mieux se contenter de ce qu'on a et d'en faire son affaire, plutôt que de tenter le diable... Les Français ont une fâcheuse tendance à oublier qu'il existe au delà de leur frontière plus de 7 milliards d'humains, échantillon représentatif dans lequel on découvre que la vie est possible, avec du confort et du bonheur... si si !

Après bien des errements, compilations de statistiques, de critères et de témoignages, recherches entrecoupées d'une quinzaine de voyages dans différents pays, j'ai fini par atterrir au Costa Rica, dans un village francophone, nommé Ojochal, composé d'environ 600 propriétés détenues par des canadiens, des belges, des suisses, quelques américains et des Français, la Guadeloupe étant très représentée.

 

Pourquoi le Costa Rica ?

1 - Le climat tropical humide et sa végétation luxuriante

2 - L'absence relative de pollution et la faible densité humaine dans ma région avec seulement 12 personnes au km²

3 - Un droit à la propriété pour les étrangers solide

4 - Un système de santé performant

5 - Une absence de bulle immobilière qui permet d'acheter une maison sans se ruiner pour 20 ans, ni même 15...

6 - Une sécurité des personnes (à défaut de la sécurité des biens...)

7 - Une langue locale, l'espagnol, qui utilise le même alphabet que le Français

8 - Une zone dollar qui offre à ceux qui gagnent des euros, un pouvoir d'achat plus que confortable... La première année, j'ai changé en moyenne à 1,45 mes euros en dollar ou en colons du Costa Rica. J'ai investi 350.000 dollars, soit 240.000 euros. Avec cette somme en France, à Rennes, je pouvais aspirer à un 100m² en appartement ou à une maison avec voisinage immédiat. A Paris, j'avais le droit à un 35m² au maxi dans le quinzième arrondissement...

9 - Un feeling intuitif...

 

Quelques chiffres sur le tourisme au Costa Rica

2004
2005
2006
2007
2008
2009
Variation en %
2008/ 2009
Total général
toutes nationalités
 
1 437 098
1 679 000
1 725 261
1 979 789
2 089 174
1 922 579
- 8%
Les principaux pays dont les ressortissants se rendent au Costa Rica*
Allemagne
34 154
38 523
37 847
40 285
44 705
40 918
- 8,5%
Autriche
4 660
4 244
5 107
5 778
6 124
5 504
- 10,1 %
Belgique
5 650
4 844
5 977
6 659
8 368
9 509
+ 13%
Canada
74 212
86 906
88 304
102 061
109 854
102 471
- 6,7 %
France
23 467
24 365
24 392
25 939
34 622
30 737
- 11,2 %
Espagne
42 381
49 218
50 225
59 089
54 029
46 457
- 14 %
Italie
19 483
20 726
19 175
20 251
18 994
18 497
- 2,6 %
Pays Bas
21 905
24 173
24 303
28 014
30 615
25 006
- 18,3 %
Royaume Uni
24 158
26 917
27 890
37 580
40 250
28 882
- 28,2 %
Suisse
11 604
12 730
13 144
13 358
12 958
12 343
- 4,7 %
USA
633 640
758 134
731 236
790 315
807 162
770 129
- 4,6 %

Ce tableau permet de comprendre qu'environ 1 million de personnes à pouvoir d'achat élevé, en provenance du Nord de l'Amérique et de l'Europe visite chaque année le Costa Rica. C'est beaucoup trop peu pour faire du bon business. Nous sommes très loin des scores de la République Dominicaine, de la Thaïlande ou de l'Ile Maurice ou même des 80 millions de touristes qui viennent chaque année en France. La nature ne fait pas recette comparée au cul exotique, fond de commerce de la Thaïlande ou de la République Dominicaine. Du coup, si on aime la tranquillité pour son cadre de vie, le Costa Rica est une destination de choix.

 

J'ai acheté 5 hectares sur un coup de tête. Et j'ai construit une maison bois de 166m² avec piscine en pierre de rivières, 100m² de deck extérieur, le tout accompagné d'un vieux 4*4 mitsubishi pour gérer les chemins de terre. J'ai aussi une serre de 30m² pour le potager et un jardin clôturé avec arbres fruitiers. Les 350.000 dollars comprennent également tout l'équipement intérieur de la maison, une société patrimoniale, les démarches diverses et variées pour vivre...

Mon bureau dans un bungalow extérieur à la maison de 30m² relié par le deck

Au début...

D'autres angles

Quand j'ai besoin de réfléchir à mes offres ou nouveaux business, je file généralement dans la piscine pour me détendre les neurones et favoriser la créativité :

 

La serre expérimentale pour démarrer...

Cela m'a pris un an pour m'installer. Ayant étudié Allemand et Anglais à l'école, je ne parle pas un mot d'espagnol. Qui plus est, je suis assez nul en langue. Je survis en Anglais qu'après 15 ans d'efforts... A Ojochal, on parle le français partout dans le village. Je me suis trouvé un intendant qui avait vécu 5 ans dans le New Jersey avec lequel je m'entretiens en anglais. Je l'ai embauché à plein temps pour environ 400 euros par mois. Avec son aide et celle des expats, tout est devenu plus simple.

Santé, banque, eau, électricité, internet, téléphone, construction de la maison, achat de fournitures et d'équipements, tout est plus compliqué au Costa Rica. Le pays est composé de 4,5 millions de personnes. Le système de distribution est archaïque comparé à celui de la France. Il n'y a pas ni de Carrefour, ni de Leroy Merlin à portée de voitures... ni de sites internet offrant tout et n'importe quoi en trois clics de souris, livrés, pesés, emballés...

A vrai dire, il n'y a ni adresse, ni numéro de rue dans ce pays. S'aventurer à la capitale San José pour se fournir, ressemble les premiers mois à un jeu de hasard pur... San José est l'une des villes les plus laides que je connaisse, à 3 heures de voiture d'Ojochal. C'est un chaos urbain !

L'offre en produits est peu diversifiée en comparaison d'un pays comme la France. Les commerçants ne communiquent pas et n'ont bien souvent qu'une faible présence internet. La chasse à la bonne information est capitale. Tout passe par les humains. Combien de fois au cours de cette première année ais je eu le sentiment d'être dans un jeu vidéo d'aventures où chaque rencontre me permettait d'avancer grâce aux renseignements que j'obtenais.

En outre, il faut comprendre que l'esprit des Costariciens n'a rien à voir avec celui d'un occidental habitant une contrée capitaliste industrialisée... La France détient le record mondial de la productivité par heure travaillée. Le Latino, lui, n'a qu'une vague, très vague idée de ce que signifie le mot productivité. Son rapport au temps et à l'argent est très éloigné du nôtre. Il faut s'adapter. Prendre RDV lundi à 15h00 signifie que le gars peut être là, à 16h00, 18h00 ou deux jours plus tard à 8h00 du matin... Pour lui, on se voit dans la semaine. Il n'y a pas de problème...

L'efficacité... est une notion étrangère au latino. La planification au delà de 24h est un machin super bizarre absolument pas maîtrisé... Sur un chantier, les ouvriers et le maître d'oeuvre achètent au jour le jour ce dont ils ont besoin pour la journée de travail. Demain... ouh là là, c'est demain ! L'incapacité est totale à planifier ou à estimer la quantité de travail et le matériel dont il y a besoin.

Bref, les premiers mois sont violents : il faut comprendre, s'ouvrir à un autre univers de pensée et s'adapter. Le plus dur, c'est d'abandonner l'idée qu'en payant, on obtiendra satisfaction.

Je souhaitais acheter pour 3000 dollars de meubles en bambou. Avec un salaire moyen de 1000 dollars par mois, c'est déjà une belle somme pour une petite manufacture de meubles. J'ai reçu mon devis 7 semaines après en avoir fait la demande... ils étaient occupés ! En même temps, découvrir que l'argent n'achète pas les gens comme en France, a quelque chose de rafraîchissant.

Le lit King Size en Bambou, de 2m sur 2, ce qu'on appelle "le champ de tir"... ! (Oui, je sais, l'expression est misogyne à mort, mais je n'y arrive pas avec les versions politiquement correctes...)

Je discutais récemment avec un patron français de night club à Bangkok, responsable de 70 thaïs et de 50 à 70.000 euros de marge par mois. Ses problèmes opérationnels ressemblaient comme deux gouttes d'eau aux miens. C'est ainsi. Latino, Thaï et probablement beaucoup de peuples sur terre, ne fonctionnent pas comme en France. Au bout d'un an, avec les bonnes règles du jeu, on n'y fait même plus attention.

Cette première année fut extrêmement exigeante en énergie. Contraintes et corvées se sont enchaînées sans aucun plaisir. Ma stratégie a consisté à construire une première maison sur un tout petit bout de terrain à l'entrée, pour tester. Tout en laissant les 5 hectares en l'état. Ainsi, à tout moment, je pouvais vendre la maison en découpant mon terrain. J'ai pris la décision de m'investir à long terme qu'après un an de présence. Ojochal n'est pas parfait, mais il y a des choses uniques qui m'intéressent.

C'est cette aventure que je vais vous compter au fur et à mesure, sur ce blog.

A l'issue de cette première année, mon mode de vie s'est affirmé. Je vais désormais passer autour de 7 mois au Costa Rica, 3 mois à Bangkok (je suis accroc depuis des années au quartier sukhumvit et à ma soy 8...) et 2 mois en voyage. La France me manque pour l'instant très peu, juste quelques produits alimentaires, quelques cuites au rhum avec les copains et la famille. Pour le reste, aucun regret un après.

Revenons à l'expatriation de cette première année.

Le principal piège dans lequel de nombreux expats tombent, consiste à sous estimer les aspects économiques. Aujourd'hui, vivre une vie à l'international est considérablement facilitée grâce à internet. Gagner des euros en vendant des biens et des services sur la toile, permet de ne plus être dépendant des économies locales.

La grande majorité des gens tentent de vivre financièrement à l'échelle locale. Personne ne semble rien vouloir comprendre aux contraintes économiques globales. Dans un pays en voie de développement, il faut utiliser les ressources locales pour concevoir des produits ou des services qu'on vend sur les marchés matures, type Europe ou USA, avec un avantage prix important. Il faut donc exporter à partir du lieu de vie. C'est d'autant plus facile que les locaux sont dans une incapacité totale d'imaginer le plus petit début de besoin qu'un occidental basique rencontre dans sa vie de tous les jours. La concurrence est donc très faible.

Etonnamment, j'ai rencontré une quantité astronomique de personnes qui cherchaient à vendre en local des biens en provenance des zones industrialisées et développées que peu pouvaient payer, donc une logique d'importation du mode de vie occidental. Un passeport pour les difficultés ! En outre, les restos et les hôtels, secteurs traditionnels des Français à l'étranger, exigent un flux de voyageurs qui n'est pas toujours au RDV, surtout au Costa Rica, destination chère, mal équipée en hôtellerie (en comparaison de la Thaïlande, l'offre du Costa Rica est tout simplement ridicule) et pratiquement sans culture locale (pas de cuisine, pas d'artisanat, pas de décoration ou d'architecture, pas de traditions de vie spécifiques...). Bref, beaucoup de gens ratent le volet économique et financier en étant à l'envers de la mondialisation économique !

En ce qui me concerne, je me suis organisé depuis plus de dix ans pour être libre. Cela signifie apprendre et maîtriser la création d'offres commerciales diverses et variées pour faire rentrer en permanence des sous ! Produits ou services, je dispose aujourd'hui d'une bonne base qui m'assure entre 5 et 25.000 euros par mois, le tout, optimisé fiscalement à l'international. Au passage, le Costa Rica n'a pas d'impôt sur le revenu ni sur les plus values, juste sur les bénéfices des sociétés et des charges salariales limitées autour de 25% ! Ce qui évite de gaspiller son énergie à financer des débiles de fonctionnaires et politiciens qui volent, détournent, font la guerre et manipulent, décennies après décennies, pour au final, un gros vide intersidéral...

Cette première année s'est révélée terrible pour moi, car j'ai perdu mon chat fétiche adoré, mon rouquin, qui était mon nounours vivant.

Il nous reste la saucisse blanche, qui préfère manifestement beaucoup le Costa Rica à la Bretagne. Le froid et le crachin, ce n'était pas son truc. Elle s'est révélée ici !

Et la saucisse noire qui complète le gang des saucisses

Depuis la disparition de mon rouquin, il y a interdiction formelle de vivre sa vie dehors la nuit. Couvre feu obligatoire avant la tombée du jour. Pâtée alléchante et odorante pour quiconque se présente à 17h00 pétante devant la porte d'entrée de son propre chef... Je mentirais si je disais que les troupes sont disciplinées, mais globalement, on parvient à appliquer la stratégie quotidiennement !

 

 

 

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